Tous les Ouin-Ouin du monde

Publié le par Matthieu C.

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Normalement, quand je parle du bureau, c’est pour raconter les conneries de Ouin Ouin, les délires de Simone. Pas aujourd’hui. Hier, un collègue a reçu un coup de fil de sa fille qui lui a dit que son meilleur ami (à sa fille) venait de se tuer en voiture. Ouin Ouin a aussitôt demandé s’il était mort du coup du lapin ou s’il avait saigné, avant d’ajouter que c’était finalement préférable à finir sa vie en fauteuil roulant.

Je me suis, du coup, souvenu de Christine, avec qui j’étais en stage. Il y avait aussi Jérôme, qui avait une cicatrice impressionnante à la tête. On ne savait pas d’où elle venait, jusqu’au jour où il nous a appris qu’il avait été victime d’un grave accident de voiture, en compagnie de 2 amis. Christine, l’œil gourmand, lui a demandé :

- «Et ils sont morts ? »
Aujourd’hui, Christine a un cancer du sein. J’espère qu’elle s’en sortira, mais j’espère aussi que des gens bien intentionnés viendront lui demander : « alors, c’est dur ? tu souffres ? t’en chie ? ».
Pour tous ces gens-là, ce truc écrit un peu sous le coup de la colère.

 

Tous les ouin-ouin du monde

 
Se repaissant du  sang d’autrui,
Les ouin-ouin aiment les tragédies
Accidents, crimes, meurtres en série
Douleurs, peine, tout ce qui détruit
 

Alléchés par l’odeur du sang,
Ils en redemandent, des détails
Affamés de bouts croustillants
Bouts de cadavres, ils font ripaille
 

Pauvres vautours des sentiments,
Charognes des douleurs, des souffrances,
Vermines de la tristesse, des bouleversements
Souillures, immondices, dont l’œil danse
 

Vous pouvez les voir de partout
L’œil, l’oreille, tendus, aux aguets
Guettant la tristesse mais surtout 
Le macabre, pour se rassasier
 

Ils, elles surjouent la compassion
Prennent l’air triste et la voix défaite,
Mais ils ne sont que des pauvres cons,
Avec leurs mots de canisette
 

« Tu souffres, tu as mal, c’est dur hein ?
J’ai connu, mais pas aussi fort
Tu vas en baver, c’est certain,
Maintenant qu’il s’est éteint, mort 
 

Finalement, là où il est,
Dans sa caisse, mort et souriant
C’est mieux que d’être handicapé
Poussé dans un fauteuil roulant »
 

Idiots ! Fermez vos gueules de cons,
La douleur ne se partage pas !
Le jour où vous connaîtrez ça,
Je serai là, à rire pour de bon
 

A rire de vos sanglots, vos peines,
A rire pour venger ceux que vous
Avez blessé avec vos lexèmes
Avez tué avec vos mots fous
 

J’irai cracher sur vos tombes,
J’irai vomir sur votre cercueil
A l’église, je foutrai des bombes,
Jamais ne respecterai vos deuils.

 

Matthieu

Publié dans le bureau

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boulgi boulga 12/07/2007 12:19

arrete de citer Vian

Philippe 26/05/2007 00:16

C'est très beau et vraiment prenant. Bravo.

matthieu 24/11/2005 18:29

MAT > Non, je connais pas, mais je vais voir de ce pas...

mat 24/11/2005 10:05

joli texte
ca fait penser à renaud, "les charognards", tu connais?

petra 23/11/2005 18:24

se sur, le monde est plein de con, il vive a travers les autres et forcement le malheurs des autres............petra

Matthieu C. 23/11/2005 19:30

Oui, mais ils n'ont pas de vie ces gens, ils vivent par procuration... C'est tragique en fait