La naissance de dieu

Publié le par Matthieu

  Un jour, il y a très longtemps, les hommes vivaient paisiblement. Enfin, paisiblement, ils avaient quand même des problèmes hein. Par exemple, quand Maurice le chasseur de mammouth est tombé malade, il n’y a rien eu à faire, même Jeanine, la femme la plus âgée du groupe (23 ans, vous vous rendez compte ?) n’est pas parvenue à le guérir avec ses herbes mâchées puis ingurgitées puis vomies, remède qui avait pourtant rétablit tous les autres malades (en fait, ceux-ci se rétablissaient généralement au moment où ils voyaient la potion de Jeanine).


Le chef, Jean-Georges, était là uniquement pour faire respecter un certain… ordre. Oui, c’est ça, un ordre. Pour éviter qu’on ne s’entretue pour des bêtises (oui, il était permis de s’entretuer pour des choses qui n’étaient pas des bêtises, mais là-dessus, seul le chef était juge). Sinon, la vie était libre, chacun aimant qui il voulait à l’instant où il le voulait (de ce fait, l’un des deux était moins libre, forcément, puisque s’il prétextait une migraine, c’était direction Jeanine, donc…)

Un jour, un sous-chef voulu être chef à la place du chef. Mais le chef était fort, grand, intelligent, beau (oui, beau, faut pas abuser non plus. Il avait quand même des poils partout sur le corps, même dans le dos, et il se grattait les pieds en mangeant). Bref, comme tous les chefs (non, tous les chefs ne se grattent pas les pieds en mangeant, mais tous les chefs sont grands, beaux, forts, intelligents). Alors, le sous-chef, qui s’appelait Francis, a eu une idée : il ne connaissait personne de plus grand, plus beau, plus fort, plus intelligent que le chef Jean-Georges. Alors, il allait inventer une personne, que personne ne verrait jamais, mais dont tous auraient peur.


Alors, un jour qu’il revenait d’un champ (sur lequel il pratiquait l’élevage intensif de mammouths nains, très recherchés pour leurs fourrures), il a annoncé aux autres du camp qu’il avait vu quelque chose, et cette chose lui avait dit qu’il fallait avoir peur d’elle. OK, ça veut rien dire, mais vous avez essayé vous de conceptualiser dieu ? Oui, parce que c’est là que Francis voulait en venir. En fait, Francis a essayé de faire comprendre dieu aux autres. Mais bon, les autres se sont foutus de sa gueule, parce qu’ils ne comprenaient pas pourquoi la chose avait parlé à Francis, et qu’ils savaient que Francis fumait de la bouse de mammouth séchée en cachette. Cette première tentative fut donc un échec. Mais Francis était persévérant, et il recommença la semaine suivante. Puisque la peur n’était pas là tout de suite, il allait la leur insuffler. La semaine d’après, il leur raconta donc une belle histoire : dans un grand jardin, vivaient un homme et une femme. Ils ne faisaient rien, ne devait pas aller échanger une massue contre une cuisse de mammouth chez Maurice le chasseur de mammouths. Ils ne faisaient rien, mais ils n’avaient jamais faim, parce que tout poussait tout seul. En plus, ils n’avaient pas ce nombril disgracieux dans lequel vient se figer une crasse assez impressionnante. Mais un jour, ces deux hommes ont menti à la chose (ben oui, c’est la chose qui les avait créé), et la chose s’était mise en colère, et elle leur avait dit :

« Maintenant, tu devras prendre le métro tous les matins pour aller bosser. Tu seras assis à côté d’une grosse dame qui sent la transpiration et en face d’un type qui a des grandes jambes et qui prendra toute la place en s’étalant. En plus, un type qui joue de la clarinette viendra jouer pendant 15 minutes tous les matins dans le métro jouer des chansons déprimantes. »

Là, les gens de la tribu ont pas tout compris, mais l’histoire semblait pas mal, même si la chose parlait bizarrement. Alors, Francis a eu une idée. Il ajouta que la chose avait aussi dit :

« Et si vous n’obéissez pas à moi, qui suis celui qui est, je créerai Pascal Obispo ».

La tribu ne comprit pas bien ce qu’était Pascal Obispo, mais la menace semblait si terrible que tous les membres décidèrent que la chose devait être chef. En fait, Francis ne savait pas comment lui était venu ce nom; il avait pensé à quelque chose de mauvais, puant encore plus que la bouse de mamouth, et ce nom s'était imposé à son esprit.

Et comme personne ne voyait la chose, ce fut Francis qui fut nommé chef, avec obligation de transmettre les messages de la chose.


La première chose que celle-ci, à travers Francis bien sûr, demanda fut la mise à mort de Jean-Georges. Ensuite, elle demanda à toutes les femmes de copuler avec Francis. Seule la grande prêtresse était exclue de cette partouze. Et c’est ainsi que Jeanine fut nommée grande prêtresse.


Matthieu

Publié dans la religion expliquée

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