Mail ouvert à Guy Carlier

Publié le par Matthieu C.

Cher monsieur Carlier ;

 

Vous m’excuserez de vous appeler « cher », mais c’est ainsi que je nomme ceux que j’apprécie, un peu comme Prévert tutoyait ceux qui s’aiment.

Et c’est marrant, plus on admire quelqu’un, plus il est susceptible de vous décevoir. Ainsi, Vincent Lagaf’ ne me décevra jamais. Bon, j’imagine que savoir que vous m’avez déçu vous en touche une sans faire bouger l’autre, comme aime à le dire le mari de votre nouvelle idole.

 

Oui, cher Guy Carlier, vous avez reçu Bernadette Chirac le 5 décembre, dans l’émission que vous co-animez avec Marc-Olivier Fogiel. Et dire que vous avez été dithyrambique est faible. (oui, dithyrambique est un mot que j’ai appris en vous écoutant, et je tiens à vous montrer que j’ai été bon élève). Ainsi, vous vous étiez permis, dans une de vos chroniques, de critiquer Jean Benguigui qui avait été bassement flatteur envers Bernadette Chirac un dimanche après-midi chez Drucker.

Et il est vrai que vous êtes un des mieux placés pour juger, vous qui avez demandé, à Bernadette Chirac (je cite de mémoire) : « Madame Chirac, ne pensez-vous pas que l’action que vous menez avec beaucoup de courage relève plutôt de l’Etat ? » avant de conclure : « Madame Chirac, je dis cela avec un grand manque de modestie, mais si vous avez besoin de moi dans une de vos maisons, pour parler de problèmes d’alimentations, je serai là ». Et à part le fait que parler de problèmes d’alimentations à Bernadette qui, en son temps, a dépensé 5.000 francs par jour en frais de bouche à la Mairie de Paris est osé, vous avez été muet sur les terrains sur lesquels vous exercez en l’absence de madame Chirac. Certes, parler des problèmes judiciaires de Bernadette n’était pas à l’ordre du jour, mais pas moins que de la vie privée de Bernadette (qui l’a elle-même évoqué au travers de sa fille anorexique Laurence). Et ne pas évoquer les ennuis judiciaires ne vous empêchait pas de parler à Bernadette sans flagornerie. Il est vrai que vous avez été invité à l’Elysée jeudi pour préparer l’interview, et qu’il est décommandé de mordre la main qui vous nourrit.

 

Vous avez déjà été mauvais face à Elisabeth Teissier : vous l’avez laissé mener le débat, jouer la diva et vous n’avez pas mené votre chronique jusqu’au bout, pour la faire rester, elle que vous continuez à qualifier de sorcière. Cela fut plus facile face à Christine Boutin qui n’a pas la même qualité de scène qu’Elisabeth Teissier, Christine Boutin a donc payé pour la sorcière. Et le fait que vous ayez disposé sur la table une pauvre photo publicitaire représentant deux garçons n’a pas fait transparaître une grande sincérité.

 

Ainsi, cher Guy, la caricature est un art que vous exercez avec un talent énorme lorsque vous êtes à la radio, derrière un micro et lorsque vous appréciez l’invité. Quoi que, lorsque vous ne l’aimez pas, vous n’êtes pas particulièrement virulent, bien moins que lorsqu’il est absent.

 

De la radio, vous passez à la télé, d’Argenteuil au XVI ème…

C’est dire que le fait de baisser dans mon estime doit vous sembler important. Tant pis.

 

Matthieu

Publié dans la télé

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