Florent Pagny, le petit raté de l'opéra

Publié le par Matthieu C.

Attablé devant un café à une table de « Quai n°1 – Bar – Brasserie gare SNCF », j’ai pu voir le clip de la dernière chanson de Florent Pagny, qui s’est mis à l’opéra.

Et force est de reconnaître que autant Pagny est un chanteur de variété gueulard, médiocre et hautain, autant ses nouvelles chansons sont des merdes absolues. Il touche à la perfection dans le mauvais : pire, on peut pas.

 

L’opéra de Pagny est comme un petit théâtre en carton-pâte monté à la va-vite un mercredi pluvieux chez les Gaymard (ben oui, les 8 gosses, faut les occuper, d’où le théâtre) : tout est faux ; le décor est faux, les personnages sont faux, Florent Pagny est… vrai dans sa médiocrité.

On voit des personnages modélisés en 3 D, autour desquels une caméra tourne, mais tourne (un peu plus, je vomissais mon café sur une table de «Quai n°1 – Bar – Brasserie gare SNCF ») le tout sur un fond noir, laissant croire qu’il ne restait plus d’argent pour le clip une fois Pagny payé. Des incrustations de Pagny font des apparitions de temps en temps, un Pagny beau comme un clochard un lendemain d’arrivage à Emmaüs.

 

 Bon, ça, c’était la présentation, mais comment chante Pagny ? Et ben, pour résumer, il met autant de chaleur à interpréter qu’un tambour de lave-linge à laver. Une interprétation vide, froide comme un corps dans un frigo à la morgue, sans vie… Un peu comme quand un gosse de 16 ans chante, à la star’ ac’ « La vie ne m’apprend rien » : ça peut pas marcher, on ne peut y croire une seconde.

Pagny chante en articulant exagérément les mots, et en les détachant excessivement les uns des autres. Un peu comme quand Mireille Mathieu chante en allemand (que celui qui n’a pas réagi en entendant « Hinter des Kulissen von Paris » me jette le premier CD compil des meilleures chansons françaises de 1930 à nos jours). Pagny met dans son interprétation autant d’émotion que Bernadette quand elle ratisse ses pièces jaunes : ça sonne faux, hypocrite et c’est mal joué.

 

Le seul avantage, c’est que les œuvres ainsi interprétées sont dans le domaine public, donc libres de droits, donc pas de droits d’auteur à payer pour Pagny et Universal. Mais c’est tellement mauvais que Pagny va peut-être regretter son nouveau challenge.

Oui, parce qu’il s’agit quand même d’un challenge : n’avoir jamais rien chanté un bon truc dans le registre de la variété, et croire qu’en hurlant de temps en temps on peut être bon à l’opéra. Tiens, ça me fait peur ça : et si Lara Fabian se lançait dans l’opéra ? Vous l’imaginez, fixant la caméra de ses pauvres yeux aussi vides qu’un puit au Sahel et hurlant « Si tu ne m’aimes pas je t’aime, et si je t’aime, prend garde à toi ».

 

Oui, prend garde à toi. Il va falloir se méfier maintenant que Pagny a ouvert un créneau.

 

Matthieu

Publié dans critiquons

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