Le ver

Publié le par Matthieu C.

Depuis tout petit, j’ai un ver. Ah, oui, faut que je précise, parce que sur ce blog, on n’a pas l’habitude d’avoir de la poésie, c’est une image. Je n’ai pas véritablement de ver depuis que je suis tout petit, sinon je me serai fait soigner hein, faut pas déconner non plus. Non, c’est une image quoi.

Comment ça tout à l’heure j’ai dit que c’était un ver et maintenant je dis que c’est une image ? Olalala. Non, en fait, j’ai un ver, mais c’est une image. Comment ça faudrait savoir ? C’est bon, j’explique.

 

J’ai toujours détesté les dimanches soir. En fait, les dimanche après-midi plutôt, quand le soir commence à tomber. En fait, quand rien n’est encore vraiment joué : il fait encore jour, mais la nuit tombe. Un truc hybride en fait. Entre chien et loup. Je déteste cette heure parce que c’est à cette heure-ci que le ver faisait son apparition quand j’étais plus petit. Oui, il se contentait d’être dans mon ventre, en boule dans mon estomac. Il apparaissait brutalement pendant l’épisode de Cat’s eyes (vous vous souvenez ? Les 3 filles, une très maternelle, une très belle – pour une femme – et une un peu moins féminine. Celle très belle s’appelait Pam. Et ces trois filles devaient voler des tableaux pour reconstituer la collection de leur père mort je crois, une connerie comme ça. Et la dernière, la masculine était avec un inspecteur de police, qui essayait de découvrir qui étaient les membres de ce groupe de 3 femmes qui volaient des tableaux, sans se douter de rien. Bref, une connerie monumentale qui passait le dimanche après-midi), pendant l’épisode donc, et me faisait me rappeler que j’avais autodictée le lendemain (autodictée, c’est trois phrases à apprendre et à recopier sans faute en classe, hein, c’était pas non plus Phèdre à apprendre, mais j’étais un petit garçon anxieux).

 

Et  donc, je passais le reste de l’épisode à essayer de me remémorer mon autodictée pour le lendemain. Ce qui explique que j’ai en fait peu de souvenirs de la série en elle-même. Par contre, je me souviens très bien que « maître Corbeau, sur un arbre perché, tenait en son bec un fromage », et que « maître Renard, par l’odeur alléché, lui tint à peu près ce langage ».

 

Mais en fait, le ver n’est jamais vraiment reparti. Il est toujours venu à cette heure particulière du dimanche soir, me rappeler le lundi. Après l’autodictée, ça a été les exercices de math. Puis le TD de droit administratif. Puis le bureau. Bref, un ver résistant. Et y’avait un moyen de le faire fuir : un verre. Enfin, quand je dis un verre, j’exagère un peu. En fait, la bouteille suffisait à le faire taire, mais il fallait bien la bouteille. C’était une méthode chère, mauvaise pour la santé, et qui, en plus, rendait bien pire le lundi matin. J’ai vite laissé tomber. Mais le ver était toujours là du coup…

 

Bon, je vous laisse, il est 17h32 en ce dimanche soir, le ver arrive, je vais téléphoner à Jules au boulot. Jules, il est chasseur de ver le dimanche soir. Et ça fait même pas mal quand il chasse le ver.

 

Matthieu

Publié dans C'est pas drôle

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Mina 23/05/2005 18:59

Moi j'ai pris le parti de me faire amie avec mon ver! Au moins quand je me sens seule, lui il est là.. Je lui parle, je lui donne à manger, à boire aussi comme toi!
Je me demandais, est- ce qu'après Cat's eyes tes parents te forcaient à regarder 7/7? Parce que ça aussi ça avait le don d'agacerle ver!!

jid 23/05/2005 11:28

Ma femme a un ver dans le même genre : quand le matin sous la douche, je l'entends tousser jusqu'à en vomir, je sais que ça ne va plus très bien au boulot et qu'il va falloir que quelque chose change (3 fois en 7 ans déjà)

fffff 23/05/2005 10:11

Simone ! Simone ! Simone avec nous Simone avec nous !! ;-)
fffff

Tant-Bourrin 23/05/2005 06:17

On connaissait le vert de l'espoir, voici maintenant le ver du désespoir.

Courage, dans ton bestiaire intime, gageons que ton ver du dimanche laissera d'ici quelques jours la place au lièvre du samedi soir ! ;~)

saoul-fifre 22/05/2005 20:25

Ne nous plaignons pas : ça pourrait être pire . Un ver, ça va, trois vers, bonjour les dégueus...