Le travail c'est la santé

Publié le par Matthieu C.

« je ne veux pas travailler, je ne veux pas déjeuner… » chantait je ne sais plus qui il n’y a pas si longtemps que ça dans une publicité pour une voiture qui coûtait, à l’époque, environ 2628 heures de travail pour un smicard, soit 17 mois de travail (ça veut pas dire grand chose, mais j’aime bien les statistiques).

 

Il y en a qui ne déjeunent pas, mais qui travaillent quand même. C’était, dimanche, la journée contre le travail des enfants. Une publicité nous montrait des douches sales, puis des enfants qui se douchent à côté de casques de mineurs. Là, même les plus cons comprennent que les gosses travaillent dans une mine. Ensuite, un petit message nous dit qu’on peut donner à l’OIT pour lutter contre le travail des enfants.

 

Une question : est-ce que ces enfants bossent par plaisir, parce qu’ils ont envie ? Non. Ils bossent parce qu’ils y sont obligés. Et un gosse qui commence à bosser dans une mine ne finira jamais par avoir un meilleur boulot, parce qu’il ne va pas à l’école. Tout au plus finira-t-il contremaître. Et où bossent les enfants ? Dans les pays les plus pauvres. Les pays souvent écrasés par une dette colossale, que même l’argent volé par les Chirac à la questure de la ville de Paris ne suffirait pas à rembourser. C’est dire. Et donc, on a d’un côté des enfants qui bossent sans espoir d’avenir, juste pour survivre.

 

D’un autre côté, il y a quand même, dans ces pays, des gens qui s’en sortent. Ils ont par exemple eu la chance de naître dans une famille riche, n’ont jamais été obligés de travailler quand ils étaient enfants et ont peut-être même eu la chance de faire des études. Et si ces études ne les ont pas mené, après une maîtrise de français, dans un centre d’appel SFR, ils sont peut-être médecins, ingénieurs, architectes… Bref, ils sont CSP +++ (catégorie socioprofessionnelle +++).

 

En France, avant, on n’avait pas de pétrole, mais on avait des idées. Maintenant, on n’a plus ni pétrole, ni idées. Et que nous proposent nos gouvernants ? Une immigration choisie. Mais pas en fonction de la nationalité, ce serait de a discrimination pas positive, mais en fonction du métier. Donc, l’Etat va dire : on est en 2005, et en 2007 on aura besoin de 13.000 ingénieurs, on va donc faire venir 13.000 ingénieurs de l’étranger. Et d’où viendra la majorité de ces ingénieurs ? De Suède, de Norvège, d’Allemagne, des Etats-Unis ? Non, parce que ceux-là ont déjà une bonne situation dans leurs pays. Non, la majorité viendra de pays dans lesquels l’espoir est aussi réduit que l’espérance de vie d’une bouteille d’alcool un soir de solitude chez Christine Bravo.

 

On s’apprête donc à piller joyeusement les pays les plus pauvres, on va faire venir leurs élites chez nous (parce qu’on en a besoin), et on va laisser là-bas les mineurs de fonds. Oui, parce que des mineurs de fond, maintenant que Pierre Bachelet est mort, on n’en a plus besoin.

 

Comme disait Louis de Funès dans la folie des grandeurs (oui, j’aime bien finir par une citation philosophique, j’hésitais en Deleuze et de Funès) : « les riches c’est fait pour être très riche, les pauvres très pauvres ». Et c’est ainsi que le samedi, on peut voir une pub contre le travail des enfants, et le même jour, un type nous annoncer qu’on va choisir notre immigration, en fonction de ce dont on a besoin… Comme au supermarché.

« Promotion sur les ingénieurs noirs, profitez-en, il n’y en aura pas pour tout le monde »… Et surtout plus pour les pays d’origine.

 

Matthieu

Publié dans C'est pas drôle

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Matthieu 17/06/2005 17:05

Tempete > C'est comme ça que je l'avais compris, t'inquiète pas !

Tempête 17/06/2005 09:30

Attention, j'ai pas dit que c'etait normal. J'ai juste dis que c'est bien joli de s'indigner mais ca suffit pas. Beaucoup de gens se donnent bonne conscience en boycottant Nike qui fait travailler des enfants. Je voulais juste faire remarquer que si on a rien d'autre a proposer, alors ces memes enfants sont condamnes a mort.
Le probleme, comme tu le faisais si ben remarquer est nettement plus profond et la recuperation des cerveaux (a moindre prix) en est effectivement un maillon, de meme que le manque d'education... Bref, un programme un peu plus muscle serait necessaire avant de songer a boycotter les entreprises qui emploient des enfants et a priver des familles entieres de tout revenu (ca c'est l'etape suivante, je le reconnais)!

Matthieu 16/06/2005 17:03

Salomé > Merci ! Mais je pense qu'on ne trouvera pas... Je ne sais pas où on va, mais on y va...
Sénio > Comment ça pas entendu? C'est un truc de Villepin et de Sarko !
Dr Devo > Merci...
Tempete > C'est pas normal qu'un gosse de 8 ans ait le choix entre bosser dans une mine ou mourir.
David > Ben ça fait d'une pierre deux coups: les riches très riches, et les pauvres très pauvres

David 14/06/2005 23:39

Ton article est criant de vérité: Je souhaite apporté une petite précision. Moi même je suis ingénieur informaticien, je suis au chomage et je n'arrive pas à trouver du boulot. Le pire est que les patrons crient comme quoi il n'y a pas assez d'ingénieurs, et que la vague massive de départ à la retraite qui s'annonce ne fera qu'empirer cette situation. Ainsi, on demande à tous les ingénieurs roumains (ou autre) de venir. Or,les ingénieurs informaticiens ont tous - de 40 ans, l'argument des départs à la retraite ne tient plus. Mais le plus vicieux dans l'histoire est que le marché de l'emploi au niveau des ingénieurs informaticien est déjà saturé. Les patrons veulent de la main d'oeuvre étrangères pour apporter plus de demande contribuant ainsi à baisser les salaires (j'ai déjà vu des propositions d'offre au smic...). En plus de piller les richesses des autres pays, on ruine également le pouvoir d'achat du notre.

Tempete 14/06/2005 18:13

Bravo Matthieu. C'est vrai qu'on n'oublie jamais de s'horrifier du travail des enfants mais sans prendre en compte que le probleme est tout de meme un tantinet plus profond! S'indigner que des gamins de 8 ans partent a la mine, c'est bien mais si on n'a rien d'autre a leur proposer, et ben ils crevent de faim.
Came rappelle une experience faite dans mon desert, justement pour lutter contre la fuite des cerveaux des pays du Tiers Monde... Il faudra que j'en parle un jour.