Le SIDA? Mort de rire

Publié le par Matthieu C.

Comme vous le savez, mon chef est un personnage plein d’humour. Aujourd’hui par exemple, il a trouvé hilarant d’afficher une feuille A4 sur laquelle était imprimé : « ici, nous avons tous le SIDA (Salaire Inchangé Depuis des Années) ». Le dernier truc qu’il avait fait, c’était de distribuer un appel au boycott de TF1 lancé par l’assemblée des évêques de France.

 

Plutôt que d’aller le voir avec une réaction juste mais indignée, je vais lui bricoler un petit truc : sous sa feuille, je vais en afficher une autre (intitulée ‘pour rire encore plus’) dans laquelle je rappelle quelques chiffres (40 millions de personnes qui vivent avec la maladie, 3 millions de morts par an, 64% de contamination dans des rapports hétérosexuels, complications : infections, cancers, décès). En bas de cette page, je vais coller un préservatif, ce qui ne manquera pas d’indigner une ou deux collègues.

 

Pour avoir un préservatif, je suis allé à la pharmacie (oui, c’est là qu’on les trouve en principe).

Là, une jeune fille s’approche pour me servir (oui, j’avais un peu peur d’avoir à faire à la vieille, un peu sourde mais qui surtout n’aurait pas compris : ‘un quoi ?’ ‘un préservatif’. ‘Mais qu’est-ce que c’est ?’ et je me voyais mal mimer dans la pharmacie bondée). Je lui demande donc une boîte de préservatifs.

A partir de ce moment là jusqu’à la fin, je n’ai plus vu ses yeux. Elle a baissé la tête dans un signe de repentir (‘doux jésus, pardonnez-moi, mais je dois bien gagner ma vie hein ?’) et m’a demandé de la suivre. Arrivée devant une immense armoire (dans le magasin quand même), elle a ouvert un tout petit tiroir puis m’a demandé de sa plus petite voix « vous avez une préférence ? ». Ici, j’avais le choix entre deux possibilités de réponse :

- « Comment ça ? » pour avoir le plaisir d’assister à un cours sur le préservatif par cette pauvre fille apeurée.

- « Non, c’est pour mon chef » ce qui n’aurait pas manqué de provoquer une rumeur dans le village sur la vie sexuelle dissolue de mon chef.

Comme j’ai eu pitié de cette fille, je n’ai rien répondu. Elle prend donc une boîte de préservatifs (une boîte de 3) du bout des doigts, le ramène à la caisse comme si elle avait porté le saint suaire, et passe l’objet au lecteur de code barre. Et là, elle m’annonce : 2 €.

Je trouve que c’est quand même un peu abuser, cette pharmacie : une vendeuse qui a honte quand on parle capote, lesquelles capotes sont cachés dans un tiroir, et en plus, 2 € les 3, ça fait cher ! A ce prix, là, faut pas les bouffer (quoi que…)

 

Bref, tout ça pour dire que j’ai pas passé une journée passionnante. Heureusement qu’il y avait Martine, qui a déclaré (à propos des enfants élevés par un couple dont les deux personnes sont du même sexe) :

« Je pense que dans les pays nordistes, il mènent des expériences ».

Oui, Martine pense (c’est ce qui m’a le plus surpris dans cette phrase), et elle parle des pays nordistes (oui, parce que les mots qui prennent un ‘q’, elle connaît pas). Je vous parle même pas de ces ‘expériences’, la seule expérience qu’elle ait jamais connue, c’est quand on lui a recherché un cerveau.

 

Matthieu

Publié dans le bureau

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L 11/05/2007 15:15

elle est nulle la fin de l'histoire, celle sur le cerveau de Martine, on la retrouve a toutes les fins