Halte à la tolérance

Publié le par Matthieu C.

Georges Elgozy disait (oui, ça fait très classe de commencer comme ça. En fait, je connais pas ce type et j’ai trouvé la citation en cherchant sur google) : « la tolérance, c’est la faculté de supporter ce que l’on est incapable d’interdire ».

 

Par exemple, Jean-Luc Delarue tolère les enfants dans son restaurant, parce qu’il ne peut pas les interdire. La tolérance, c’est la dernière marche avant la haine (mon dieu, j’ai failli écrire : la tolérance est la plus basse marche de l’échelle de l’amour, mais ça ressemblait vraiment à du Alexandre Jardin, et j’apprécie autant Alexandre Jardin que Bernard Werber). Parce que lorsque quelqu’un est toléré, il n’est pas apprécié, ni aimé, ni rien de sympa : il est toléré, parce qu’on ne peut pas faire autrement.

Vous remarquerez que, le plus souvent, les gens qui se disent tolérants sont ceux qui tiennent les propos les plus odieux. Bon, ben c’est normal docteur. Ils annoncent la couleur, ils se disent tolérants. Ou alors, mieux « tu n’as pas moins de valeur que moi, tu es DIFFERENT, MAIS je te tolère ». La personne qui dit ça n’ose pas te jeter dans la merde parce que ça fait mauvais genre, mais elle sera heureuse de te montrer le chemin.

 

Le Marquis de Sade disait (oui, le truc de la citation, c’est comme le bon whisky, je m’en lasse pas) : « la tolérance est la vertu des faibles ». Bon, à part que le marquis parle de vertu, y’a autre chose dans cette citation : Quand vous n’avez pas le courage de chasser quelqu’un, vous le tolérez (par exemple, au bureau, Martine me sort par les trous de nez. Ben j’ai pas le courage de le lui dire, alors je la tolère. Et je drape ça dans une gentillesse aussi hypocrite que mesquine). En fait, quand quelqu’un dit : « non, j’ai rien contre lui, je le tolère », c’est un moyen de masquer une certaine faiblesse derrière des bons sentiments dégoulinants (et les bons sentiments, c’est comme le miel : quand ça dégouline c’est écoeurant).

 

Sinon, pour changer un peu… et oui, une citation : (faudra que j’arrête avec ça, je vais finir par être lourd) : « La tolérance, c’est le mépris bourgeois de l’autre » (Jean-Edern Hallier). Oui en fait. La tolérance, c’est le contraire de l’acceptation de l’autre. La tolérance est à l’acceptation ce que la soupe en sachet est à la gastronomie : une insulte. L’acceptation se fait sur un constat de différence, pour s’accepter il faut se connaître, connaître ses points communs et ses différences. Alors, on est libre d’accepter ou de refuser la personne. Mais la tiédeur vomitive de la tolérance se fonde sur ce refus : « je n’ai pas envie de te connaître, je ne veux pas aller plus loin, ne viens pas m’emmerder et je te tolèrerai ».

 

Oui, aujourd’hui c’était pas une note extraordinaire, c’était même limite chiant. Pour terminer… et oui, une citation, pour que, si jamais vous vouliez être tolérants, vous alliez exercer ailleurs que sur mon blog.

Donc, pour terminer, ce mot (un peu démodé) de Paul Claudel :

« La tolérance ? Il y a des maisons pour ça ».

 

Matthieu

Publié dans C'est pas drôle

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