Les dessous de Roger (5)

Publié le par Matthieu C.

Salut tout le monde !

Bon, cette semaine, pas grand-chose, juste un truc qui s’est passé à l’usine. Y’a Michel qui vient me voir, et qui me dit comme ça :

- « Tiens Roger, toi qui aimes bien la musique classique, ça te dirait de venir à un concert avec moi ? Y’a Christian Morin qui passe demain soir »

Il est con ce Michel ! de la musique classique ! Je DETESTE la musique classique. Je sais pas vous, mais moi ça m’endort.

En plus, aller à un concert avec Michel ! Je préfèrerai me mordre une couille plutôt que d’aller à un concert avec ce type ! Il est lourd comme mec !

 

En plus, on travaille pas à la même chose, j’sais pas pourquoi il est venu me voir moi. Peut être pour m’emmerder. Heureusement que j’avais bien ri avec Valérie juste avant, parce que comme ça, je l’ai pas envoyé chier Michel, j’étais détendu.

 

J’explique : Je me suis coupé en me rasant ce matin. Ouai, à l’usine, comme on fabrique de la bouffe, faut être rasé, et pas avoir de bijoux ni rien. Donc, je me suis coupé en me rasant, et Sylvette a oublié d’acheter des pensements discrets. On s’en engueulé pour ça quand je suis rentré même. Donc, ce matin, j’avais un pansement bleu (ben ouai, restait que ça) sur le nez (ben ouai, c’est là que je me suis coupé). En arrivant à la pointeuse, je vois Valérie. En plus, Valérie, elle est super poilue au niveau du visage, c’est incroyable. Elle a un duvet, tellement qu’entre nous on l’appelle « la portugaise ». Donc, la Valérie, elle me sort :

- Ah ah, qu’est-ce que t’as fais ?

- Ben je me suis coupé en me rasant.

- Ah, il est drôle ton pansement, mais comment qu’t’as fait ?

Là, je la regarde et je lui fait comme ça :

- Tu t’es jamais rasé toi ?

Elle a plus rien dit, et elle est partie. Elle devait être vexée !

 

Qu’est-ce qu’on a rigolé avec les autres quand j’ai raconté ça ! En plus aujourd’hui, y’avait pleins de nouveaux intérimaires, et quand j’ai raconté ça, ils ont rigolé aussi ! Ils ont pu voir comme je suis drôle.

 

Sinon, faut que j’vous raconte aussi, Jean-Jean, j’avais réussi à le faire rentrer à l’usine. Ouai, j’y avais dit, au Jean-Jean :

- « Viens essayer, le boulot est pas trop dur, on rigolera tous les deux ! »

Et Jean-Jean avait fait une candidature, et il avait été pris. Mais le premier jour, ils l’ont mis au four. Ouai, à l’usine, on fabrique des brioches, et des fois elles sont surgelées (et c’est les copines du froid qui les emballe, je vous raconterai les copines une autres fois) et des fois on les cuit. Et pour les cuire, faut un type qui les met dans le four, et un type qui les sort. Et le type qui les sort, l’autre fois, c’était Jean-Jean. (moi, je suis là où on façonne les brioches, c’est sympa, on rigole bien)

Ben le Jean-Jean, il est resté qu’une journée. L’après-midi, j’ai été chez lui pour boire le pastis, et il m’a dit :

- « J’y retourne pas moi à ton usine, j’ai sué comme un nègre ».

J’ai essayé de le convaincre, mais il a pas voulu revenir le lendemain. Il est retourné à l’ANPE pour dire qu’il voulait un boulot normal, pas un boulot d’arabe.

 

Mais il a raison, parce que le four, c’est vraiment un boulot de con.

 

Roger

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