Vie et mort d'un escroc

Publié le par Matthieu C.

 

On a appris hier avec une certaine émotion la mort de l’escroc Michel Gillibert.

Ce type, qui avait une agence immobilière qu’il gérait avec « plus ou moins de bonheur » (Le Monde) a été victime d’un accident d’hélicoptère en 1979.

Tétraplégique, il décide que ce handicap sera son gagne-pain. Il ne s’en cache d’ailleurs pas, puisque son combat au sein de son association se résume par ces mots : pas de compassion, pas de charité, mais des moyens financier (non, pas de matériel, merci).

 

Sous prétexte de lutte contre l’exclusion des personnes handicapées, il gravira peu à peu les échelons, jusqu’à être nommé « chevalier de la légion d’honneur » à titre exceptionnel. Bon, la légion d’honneur, ça veut pas dire grand-chose (puisque Papon l’avait, Luc Plamandon aussi, de même que toute une flopé de gens représentant particulièrement le rayonnement de la France parmi lesquels Francis Lemarque (officier), Yann Arthus-Bertrand, Arlette Chabaud (et quand on parle de rayonnement, on pense tout de suite à Arlette Chabaud), Pierre Séguillon). 15 jours après cette légion d’honneur, Gillibert est nommé secrétaire d’Etat. C’est un peu le Sarkozy de l’époque, sans Cécilia. Il est, au sein de ce gouvernement, comme un poisson dans l’eau puisque parmi les autres ministres, on trouve des personnalités aussi intègres que Elisabeth Cresson, Roland Dumas, ou Georgina Dufoix.

Il quitte le gouvernement en 1993 (bien obligé, après la victoire de la droite aux élections législatives).

 

C’est au cours de cette même année que la Cour de Justice de la République commence ses investigations concernant les détournements de fond du secrétaire d’Etat handicapé à l’occasion de l’exercice de ces fonction (la Cour de Justice le condamnera, en 2004, à 3 ans de prison avec sursis et 20.000 € d’amende).

Mais l’écharpé (il apparaît toujours avec une écharpe ou un foulard autour du cou. Une écharpe blanche bien sûr, signe de la probité qu’il incarnait. En même temps, y’a bien des femmes de petite vertu (des putes quoi) qui se marient en blanc), l’écharpé donc n’est pas poursuivi que pour ses activités illégales durant sa période au secrétariat d’Etat aux personnes handicapées.

Non, ce saint homme avait aussi fondé 5 associations, dans le seul but de récupérer les subventions allouées aux associations d’aide aux personnes handicapées. Pour cette affaire, il a été condamné en juillet 2003 à 10 mois de prison avec sursis et 5.000 euros d’amende.

Un truc à noter : il ne s’est pas présenté à son procès devant la Cour de Justice de la République, pour des raisons de santé.

C’est fou ce que les procès affectent ces personnalités : entre le fils Mitterrand, Papon et Gillibert, c’est une écatombe de gens qui ne sont pas dans un état de santé suffisant pour pouvoir assister à leur procès. C’est d’autant moins de chance que leur état de santé ne leur a causé aucun ennui lorsqu’il s’agissait de commettre leurs forfaits.

 

Paix à son âme, il a été rejoindre son maître au paradis des escrocs.

 

Matthieu

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