Jour de joie

Publié le par Matthieu C.

 

J’ai passé une journée terrifiante aujourd’hui. Désolé, faut que je vous la raconte.

 

Je devais partir en stage pour la journée. Malheureusement pas seul, mais accompagné d’un collègue. Oui, je suis obligé de dire un collègue, même si j’aurais préféré manger du céleri pour le restant de mes jours plutôt que de partir une journée avec lui. Mais bon, ça n’a pas été le pire finalement, malgré le fait que j’ai eu légèrement mal à la tête après qu’il m’ait raconté le mariage de la fille d’une collègue de son gendre (c’est dire si il se sentait proche) pendant l’heure et demi qu’a duré le voyage. Ca, c’était le trajet aller. Ensuite, y’a eu LE stage. Ce stage… je ne sais même pas par où commencer.

 

Alors, le formateur, au début, j’ai cru qu’il était normal et totalement sain d’esprit. Mais c’est vrai que la chemise grise rayée avec la cravate vert épinard sur laquelle étaient parsemées des tâches jaunes, ça aurait dû me mettre sur la voie. Mais j’étais mal réveillé, alors même pas. Là où je me suis rendu compte que ce pauvre homme ne semblait pas jouir de toutes ses facultés, c’est quand je l’ai vu frapper le tableau frénétiquement pendant 5 secondes sans aucune raison. Et j’ai compris !!! Vous connaissez ces gens qui souffrent de TOC (troubles obsessionnels convulsifs, on en voit toutes les semaines chez Delarue) ? Mais si, ceux qui doivent faire des gestes stupides en apparence, mais qui délivrent de leurs angoisses ces malades. Et bien, lui, il avait ça !!! Ca a commencé par un frottage de main. Comme s’il se lavait les mains, mais sans eau ni savon. Et il nous parlait pendant ce temps. Et j’avais beau essayer d’écouter, je voyais ses mains se tordre convulsivement. Après les mains, il est passé aux avants-bras. Il s’est tiré les poils des avant-bras, j’ai cru qu’il s’épouillait !!! Ce manège là a duré au moins 20 minutes. Comment voulez-vous vous concentrez avec ça ?

En plus, il utilisait des phrases très sophistiquées :

« Le visa intellectuel doit se faire à l’aide d’un référentiel indicatif » (ça, ça veut juste dire qu’il faut un minimum de méthode pour travailler).

« Vous utiliserez un taux aléatoire de 5 % » (c’est dire si le taux en question est aléatoire).

Et il continuait à sortir ses grandes phrases, et à être agités de tics. Parce que après les avant-bras, il est passé aux doigts : il a crispé ses doigts autour de son stylo, et il essayait de faire passer le stylo entre TOUS les doigts. Mais comme plus il essayait de passer le stylo, plus il crispait les doigts, c’était difficile ! (Mon dieu, en écrivant ça, j’ai l’impression que c’est pas possible une journée comme ça).

Et ça a duré toute la journée comme ça. L’après-midi, sans doute calmé par le repas, il est juste allé frapper à coups de poings à peine perceptibles une colonne en béton dans la salle. Tout en martyrisant la colonne, il nous disait qu’  «on peut faire l’un avant l’autre mais dans une concomitance de temps ». (donc on ne peut pas faire l’un avant l’autre).

 

Le stage s’est terminé, le trajet retour a été normal. Le collègue m’a seulement raconté qu’il allait passer un week-end à Paris, avec, au programme, restaurants et théâtre. Je me suis dit « ben ça lui fera pas de mal d’aller voir un truc un peu intellectuel, ça le changera » (oui, c’est le conseiller municipal socialiste dont je vous parlais la dernière fois). Je lui ai donc demandé ce qu’il allait voir. Je pensais qu’il allait voir une pièce de théâtre, Racine, Molière ou un truc dans le genre (ben oui, de part chez nous, à part les witzhowe – les blagues racontées en alsacien – à la paroisse catholique, on n’a pas grand-chose). Et non, la soirée théâtre, c’est pas Molière, ni Racine, ni Shakespeare, mais… Jean Amadou, dans sa dernière création : « Chichi fait de la résistance ». Jean Amadou… Je savais même pas qu’il était encore vivant. En plus, « papy fait de la résistance », c’est un film qui a plus de 20 ans. Alors créer une pièce avec un titre comme ça, je veux bien, mais ALLER LA VOIR, faut quand même être con !!! Bon, après réflexion, ça m’est apparu comme naturel que Jean-Claude (puisque, c’est comme la peste de La Fontaine, il faut l’appeler par son nom) aille voir cette pièce. Enfin bon.

J’étais quand même bien content de rentrer…

 

Et après, on s’étonne que des gens regardent TF1, écoutent Obispo et lisent Werber.

Matthieu

Publié dans le bureau

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