Le principe d'Archimède

Publié le par Matthieu C.

En 1959, G. Grangier sort « Archimède le clochard » avec, notamment, Gabin, Blier, Jacqueline Maillan. C’est l’histoire d’un clochard qui, voyant que l’immeuble dans lequel il squatte va être détruit, décide de mettre tout en œuvre pour aller passer l’hiver au chaud, en prison.

En 2004 maintenant, une petite histoire vraie : Louis Bodein (rien à voir avec Pierre, le tueur), 36 ans, a fracturé la vitrine d’une boulangerie à Strasbourg, s’est enfui avec la caisse enregistreuse sur la tête, et a été arrêté alors qu’il tentait d’ouvrir le tiroir. La présidente du tribunal, où il a été jugé hier, a rappelé que « chaque année à l’arrivée de l’hiver, il commet une infraction pour aller en prison ».

 

C’est marrant ça : d’un côté Chirac se fait réélire tous les cinq ans pour échapper à la tôle, d’un autre côté un clochard veut passer l’hiver au chaud. Pourquoi ne pas condamner Louis Bodein pour les délits de Chirac ?

Ou pour ceux de Jean-Christophe Mitterrand, qui se trouve « dans une très grande détresse » (comme il l’a écrit le 15 septembre à la cour pour justifier sa non-comparution à son procès pour fraude fiscale). Ca aurait de la gueule, un clochard condamné pour fraude fiscale ! Heureusement, la grande souffrance de Papamadit n’a pas touché son appétit, puisqu’il est toujours gras comme un moine malgré qu’il soit un « homme désespéré ». C’est marrant ça, homme désespéré, c’est plutôt ce que j’aurai dit de Louis Bodein, pas du fils Mitterrand.

 

Dans le film « Archimède le clochard », un des personnages dit :

- Il ne faut pas se fier à l’apparence physique des gens.

Ce à quoi un autre lui répond :

- Avec vous, si ! … Vous avez la gueule de travers et la mentalité biscornue, vous êtes synchrone…

Ben je trouve que cette réplique convient tout à fait au fils Mitterrand, qui est en grande détresse uniquement lorsqu’il a un procès, pas quand il vend des armes ou fraude le fisc.

Voir la pauvre vieille Danièle Mitterrand se ridiculiser en dénonçant les juges et la rançon ne m’a même pas fait pitié. Non, ce qui me fait pitié, c’est un gars comme Louis Bodein, un gars qui demande au juge d’application des peines le droit d’aller en prison car « le dimanche, on y mange des frites »…

 

Et vous savez quoi ? J’espère que les frites seront bonnes. Et qu’elles pèseront moins lourd que les ortolans du fils Mitterrand. Parce que la vraie détresse, ce n’est pas d’être poursuivi pour fraude fiscale. C’est de faire une connerie pour pouvoir manger des frites.

Si je pouvais, je vous ferais maintenant écouter Brel chanter « Viens il me reste trois sous / Et si c'est pas  assez / Ben il me restera l'ardoise / Puis on ira manger / Des moules et puis des frites / Des frites et puis des moules / Et du vin de Moselle »…

 

Louis Bodein a finalement été condamné à 4 mois de prison ferme. Pour paraphraser Gabin dans « Archimède le clochard », je terminerai juste comme ceci :

« Vous appelez ça une sentence ? Moi, j’appelle ça une aumône ».

 

Matthieu

Publié dans C'est pas drôle

Commenter cet article