La tristesse (première partie sur quatre)

Publié le par Matthieu C.

Je sais pas vous, mais moi, il y a des rencontres dont je sais comment elles vont se finir (mal) dès le début. Ce sont des rencontres magiques, au cours desquelles on se rend compte qu’on a des tas de points en commun avec la personne d’en face, que sans forcément la baiser faudrait la revoir (parce que ça peut se passer indifféremment avec un homme ou avec une femme), que c’est une personne géniale, bref, un rêve presque. Ces rencontres se passent souvent autour d’un verre pour commencer. Bon, pour moi, vous allez me dire, c’est normal, avec ce que je picolle. Mais y’a des gens qui vivent ces rencontres sans alcool. Putain, ça doit être chiant quand même.


Donc je disais, ce genre de rencontre, tu sais dès le début que malgré les promesses et tout et tout, il n’y aura pas de revoyure. Chacun des deux y croit dur comme fer, mais les choses étant ce qu’elles sont, tu peux être sûr que tu ne reverras jamais l’autre personne. Alors autant ne pas gaspiller de l’énergie à essayer, même si ça te fout une putain de boule dans l’estomac.

Des rencontres uniques, à tous points de vue…

C’était il y a quelques mois. Je venais de trouver un boulot payé à la journée après avoir passé un week-end vraiment merdique. Je me trouvais alors dans le nord de l’Amérique, dans un quartier de Boston (Massachusetts) appelé Dorchester. Le week-end merdique en question, j’avais été ramassé par les flics alors que je rentrais chez moi. Enfin, j’essayais de rentrer chez moi après une énorme biture en compagnie de Ray et de sa garce de Boula, une qui tortillait du cul comme une déesse dès qu’elle se levait… Je l’aurais bien fourrée, mais on ne fourre pas la femme d’un pote s’il est pas d’accord. Et je crois que Ray n’était pas d’accord pour ce genre de trucs. Donc, je rentrais chez moi le cul dans la tête (ou le contraire, j’étais tellement fait que je ne pouvais plus me rendre compte), quand je suis tombé en essayant d’escalader un trottoir d’environ 30 centimètres de haut. Les flics sont aussitôt arrivés à ma hauteur pour me demander ce que je faisais.

« Je rentre chez moi ». Là, un petit flic est sorti de la voiture qui s’était arrêté, il avait une tête de sadique, sûrement un de ces types qui ne rêve que de fourrer son flingue dans une chatte humide pendant que la fille gueule, et il m’a demandé mes papiers. Je l’ai envoyé chier, et c’est là qu’ils m’ont embarqué. Je me suis retrouvé au poste, alors que je voulais juste rentrer chez moi et que j’avais du fric sur moi (putain, pour une fois… En plus, dès le moment où je me suis trouvé dans la voiture, j’étais soûl mais sûr qu’ils allaient me le piquer en me disant le lendemain que non, je n’avais rien, désolé monsieur)…

 

Au poste, comme dans tous les putains de postes de police de ce putain de pays des libertés et tout, on m’a foutu dans la cellule de dégrisement avec deux clodos et une fille. Un peu jeune, pas très propre, mais pas sale non plus. Enfin, pas sale comme les femmes qui sont dans la rue depuis un bail. Soit elle venait de se faire jeter par son mec et elle se trouvait à la rue, soit c’était un accident, elle rentrait chez son père avocat ou chez sa psy de mère lorsqu’elle avait été ramassée. Enfin, tout ça pour dire qu’elle avait pas sa place ici quoi.

 
[à suivre…]
 

Publié dans critiquons

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Ofélita 26/09/2005 18:29

"Je m'empresse de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer"
J'adore cette phrase, j'adore cette oeuvre...

l'autre roger 23/09/2005 17:39

épictète si tu lisais un peu mieux la prose de mathieu tu saurais qu'il nous a prèvenu qu'il risquait de partir se faire dorer la pillule pendant quelques jours
bisou mon épictou

Epictete 22/09/2005 08:49

Pourquoi tu réponds plus aux coms?