La tristesse (troisième partie sur quatre)

Publié le par Matthieu C.

Quand je suis arrivé, Anténia n’était pas encore là, elle. Elle n’est arrivée qu’une heure plus tard, environ. J’étais assis à ma table, devant une bière. Elle est entrée, a regardé autour d’elle, puis est venue s’asseoir à ma table, sans un mot. Je lui ai commandé une bière, sans un mot, puis, une fois qu’elle l’a terminée, elle m’a dit simplement :

« Bonjour »

Anténia était superbe. Le teint cuivré, elle était bien évidemment brune, avec des cheveux longs et libres, un maquillage très peu présent, une petite cicatrice au dessus de l’œil qui était belle comme un bijou, et une robe, une putain de petite robe qui lui faisait ressortir le cul…

Une robe multicolore, avec un décolleté plongeant sur pas grand-chose (les nibards d’Anténia était plutôt modèle réduit) laissait tout de suite deviner la profession de la dame en question.


A son bonjour, je lui ai demandé son nom. Anténia, en indien, ça veut dire « fille du vent et du soleil ». C’est marrant cette signification, on dirait une chanson à la con. On a discuté, devant une bière, puis devant des bières, et plus on discutait, plus j’étais amoureux, et plus j’étais amoureux, plus j’étais dans la merde. Il ne faut jamais tomber amoureux d’une pute, surtout si elle est déjà maquée.

Et Anténia était déjà maquée.
 

Elle m’a raconté la rue… Quand elle a eu 16 ans, elle a voulu se tirer de sa réserve, dans laquelle elle aurait finie comme une merde. Elle voulait connaître le dehors, la vie quoi. Elle ne savait pas que dehors, c’est la même merde que dedans, sauf qu’on te fait payer très chère ta liberté. Elle a rencontré un type qui l’a foutue sur le trottoir, c’était pas tout à fait son idée de la liberté, mais c’était comme ça. Au début, elle a tenté de se rebeller, d’où la petite cicatrice au dessus de l’œil droit : le mac l’avait coupée avec une feuille de papier…

 

Elle m’a racontée que les matins où elle n’avait pas fait son taf, elle restait pour terminer, pour arriver à ce que l’autre enfoiré lui avait demandé. Elle n’aimait pas les clients de 7 heures du matin. Parce qu’ils étaient souvent bourrés, et que sucer la bite d’un mec bourré c’est comme pousser une voiture en panne tout le long d’une énorme côte. Tu peux y arriver, mais tu perds ton énergie.

 

Je lui ai demandée ce qu’elle faisait dans ce bar, elle m’a répondu que son mac s’était fait planter la veille, qu’elle n’avait plus personne, alors qu’elle cherchait quelqu’un. Puis elle m’a fait parler de moi. Je lui ai parlé de mes bitures et de mon boulot de merde, des cagettes et des difficultés à payer le loyer, de mes sorties à la recherche de bière, des gens que j’avais un jour où l’autre rencontré. Et d’elle. On est resté à discuter jusqu’à ce que le patron nous foute dehors sur les coups de 3 heures du matin, puis on a été sur la plage.

 

Là, je lui ai ouvert sa robe, j’ai viré sa culotte rouge qui m’excitait comme un chiffon rouge excite un taureau, lui ai foutu un doigt, comme ça, lentement. Elle a ouvert mon pantalon, je bandais, elle a sorti ma queue, a commencé à me pomper, et là…

 

Là, il m’est arrivé un truc incroyable qui m’étais jamais arrivé avant : j’ai débandé. Le machin tout mou, la bite au repos alors que l’autre s’activait et tout, et moi qui avait qu’une envie, qu’elle s’arrête parce que c’est déjà assez pénible comme ça, MAIS ARRETE TOI PUTAIN, je l’ai tirée par les cheveux, lui ai foutu une claque pour qu’elle s’arrête…

 
[à suivre…]
 
Matthieu

Publié dans critiquons

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matthieu 04/10/2005 11:07

Cécilia, je suis ravi de voir que vous êtes de nouveau parmi nous. Pour le contrôle sur les visiteurs, je ne suis à l'origine de rien, c'est Over Blog qui a fait ça.
Et vos monologues, y'a pas à dire, je les adore !

saoul-fifre 24/09/2005 08:05

Merci, Cécilia, pour votre participation au débat. Quelqu'un d'autre veut intervenir ?

Cecilia S. 24/09/2005 03:08

Je réalise que s'il y avait un championnat des gens aux monologues pas constructifs je gagnerai haut la main.

Cecilia S. 24/09/2005 03:07

Z'aviez qu'à pas l'appeller la tristesse, d'abord. Je rebondis comme je peux.

Cecilia S. 24/09/2005 03:05

En prison, les putes. Cynique? À peine. Comme à 2h57, quoi. Je vois au moins que vous commencez insidieusement à exercer un contrôle sur vos visiteurs (on me signale que mon adresse IP sera "enregistrée"). Pensez aussi à extorquez de l'argent à ceux qui viennent se rincer le cerveau sur votre site, interdisez l'accès à ceux qui viennent uniquement le mercredi, et surtout profitez de vos vacances. En espérant que la suite se postera toute seule demain... Oui, ça se poste tout seul, vous me l'avez déjà dit. Pas besoin d'avoir une culotte rouge et un décolleté, pas besoin d'avir un nom à coucher dehors, ou un nom 'une affligeante banalité (si si, les formules toutes faites c'est fait pour être utilisé), pas besoin d'être sur la plage, pas besoin d'avoir passé la nuit au poste et d'avoir encore l'haleine avinée, pas besoin d'être caricaturalement miséreux pour être seul. Non, n'ai pas bu. Bonne nuit, juste.