La belle affaire (troisième partie)

Publié le par Matthieu C.

Et le contrôleur était entré… Elle lui avait souri, l’avait suivi, et, au bout du couloir, lui avait glissé trois mots :

« Tu me plais ».
 

Et c’est vrai qu’elle était mignonne avec son jean et sa chemise qu’elle avait subrepticement ouvert jusqu’au troisième bouton. Le contrôleur avait rougi (il était encore plus mignon quand il rougissait), lui avait touché la cuisse de la main, et l’avait entraîné dans les toilettes qui se trouvaient après la porte coulissante.

Une fois dans les toilettes, elle avait ôté son chemisier rouge, laissant apparaître ses seins qui n’étaient retenus par aucun soutien gorge… Il l’avait embrassé, caressé, elle avait baissé son jean et sa culotte, il avait laissé tombé son jean et son caleçon sur ses chaussures, ils s’étaient touchés et enlacés, puis il l’avait prise, elle les mains contre le miroir, lui derrière elle… Elle avait joui, il avait joui, ils s’étaient embrassés une dernière fois.

Lui avait remonté son pantalon, elle s’était rhabillée, elle était sortie la première, lui faisant un petit signe pour lui indiquer à la fois que la voie était libre et pour lui dire au revoir…

Elle était retournée dans son compartiment, et n’avait plus revu le contrôleur. Elle avait espéré le retrouver à l’occasion du retour. Les obsèques s’étaient aussi bien passées que des obsèques peuvent se passer (elle était demeurée digne, sa mère avait pleuré, les oncles, tantes et cousin avaient tenu leur rôle de figurant dans cette grande comédie qu’est un enterrement). Elle était resté 3 jours avec sa mère, puis, ne tenant plus dans cette atmosphère qui lui rappelait l’époque atroce où elle avait 16 ans, avait fait le choix de rentrer sur Paris.

 

Le contrôleur qui s’était présenté dans le train qui la ramenait chez elle n’avait rien à voir avec le jeune qui lui avait fait connaître les joies et les peines de l’assaut érotique. Une énorme moustache semblait avoir été placée là dans le seul but de l’enlaidir, il puait la mauvaise vinasse et était désagréable…

 

Elle revint aux personnes qui se trouvaient avec elle, dans le compartiment qui l’emmenait pour la dernière fois chez sa mère. Une jeune homme était entré peu avant. En fait, elle n’en était pas sûre, mais toujours est-il qu’il avait dû rentrer pendant qu’elle était perdue dans ses rêveries pleines de souvenirs. Il ressemblait étrangement au jeune contrôleur, avec les mêmes cheveux coupés courts, le même sourire qu’il lui avait adressé lorsqu’elle avait levé la tête vers lui, et sensiblement a même taille…

Dans le compartiment, se trouvait aussi une vieille femme, qui devait avoir pas loin de 80 ans, qui se tenait droite en consultant femme actuelle avec le même sérieux que si elle lisait la sainte bible. Elle ne faisait pas attention au reste du compartiment, elle ne s’était même pas donné la peine de répondre au « bonjour madame » de Cly lorsqu’elle était entrée.


Et si tout était possible ? Et si elle recommençait avec un autre ce qu’elle avait déjà fait 30 ans plus tôt ? Bien sûr, elle avait trente ans de plus, des lunettes qu’elle ne portait pas que pour lire, et une tenue un peu plus décente… Mais après tout, elle pouvait être toujours aussi désirable non ? Elle ferma les yeux et s’imagina suivre le jeune homme, pour aller s’enfermer avec lui dans les toilettes du train, et vivre un instant uniquement sexuel qui laisserait le romantisme bien loin derrière. Son cœur se mit à battre plus fort, elle rouvrit les yeux et souris au jeune homme assis en face d’elle.

 

A ce moment là, une voix annonça : « Bonjour messieurs-dames, contrôle des billets ! »… Une voix féminine appartenant à une jeune femme d’une vingtaine d’années. Une fois son travail effectué, alors qu’elle sortait du compartiment, le jeune homme assis en face de Cly avait regardé Cly qui lui souriait bêtement avec les yeux derrière les lunettes, avait poussé un soupir dégoûté en la regardant par en dessous pour bien lui faire comprendre que ce ne serait pas son tour, et était sorti derrière la jeune contrôleuse.

 

Publié dans C'est pas drôle

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