Le coup de la migraine

Publié le par Matthieu C.

Nicolas Sarkozy n’a pas participé au Conseil des Ministres mercredi dernier, parce qu’il avait la migraine. Une nouvelle reprise par les grands quotidiens nationaux. Parce que quand le ministre de l’intérieur a mal à la tête, c’est la France qui doit prendre une aspirine… Une médiatisation pathétique et ridicule, qui empêche toutefois que l’on se penche sur les vrais problèmes.

Ainsi, après avoir fait à Villepin le coup de « si tu avances quand je recule, comment veux-tu, comment veux-tu que je t’encule », Sarkozy lui fait le « pas ce matin, chéri, j’ai la migraine ». Parce que quand un ministre a mal à la tête, il est incapable de travailler. Le petit homme de la place Beauvau aime parler de « la France qui se lève  tôt », expression aussi péjorativement poétique que « la France d’en bas » chère à Raffarin. La France qui se lève tôt est la France qui trime, qui se tue à la tâche, et qui mérite qu’on la contemple, qu’on lui dise merci alors qu’on essaie de la baiser par tous les trous.

La France qui se lève tôt… Prenons Roger, un gars qui bosse à l’usine en 3x8. S’il est du matin (début à 4 heures), il se lève tôt, effectivement. Et s’il a la migraine ? Prend-il son téléphone pour appeler son contremaître et pour lui dire « je viens pas ce matin, j’ai la migraine, j’arriverai en milieu de journée à peu près » ? Non. Il se bouge le cul et il y va. Parce qu’il n’a pas vraiment le choix de toutes façons. Et il ne peut pas prendre un arrêt maladie, puisque de toutes façons, les trois premiers jours ne sont pas payés (les fameux jours de carence quoi)… Et quand on bosse en 3x8 à l’usine, il est rare qu’on touche 13.000 euros par mois (salaire d’un ministre)…

 

Pendant que Nicolas Sarkozy a mal à la tête, le déficit de la France continue de se creuser (62,5 milliards), les entreprises continuent de licencier sans qu’aucune solution ne soit trouvée (à part rejeter la faute sur la commission européenne qui n’avait, de toutes façons, aucun rôle à jouer dans cette affaire), les prix des biens de consommation augmentent pendant que les salaires stagnent. En fait, on ne va plus à la catastrophe, on y court.

Que va-t-il se passer ? Alors franchement, je n’en ai pas la moindre idée. Mais il n’y a pas un homme politique, pas un journaliste, pas un éditorialiste pour avoir des idées ?

 

A une époque, on n’avait pas de pétrole, mais on avait des idées. Maintenant, on n’a ni pétrole, ni idées. C’est dire si ça va mal. La révolution s’est déroulée dans un contexte économique défavorable pour tous, les caisses du Royaume étant aussi vides que les poches de ceux qui se levaient tôt. Avec un pouvoir qui n’en avait rien à foutre. Tout ça pour quoi ? Pour que Sarkozy puisse avoir mal à la tête, un banal mercredi d’octobre 2005, et qu’on ne parle que de ça…

 
Matthieu

Publié dans critiquons

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Eric_M 08/10/2005 15:44

euh, désolé de ne pas avoir laissé de commentaire hier, j'avais la migraine

Sénio 07/10/2005 19:07

Garg > ah ! c'est l'occasion qui a fait le larron ... je comprends mieux !
Excuses acceptées ! ;-)
A moi aussi il me fait "peur"

Sénio 07/10/2005 18:57

J'aime pas me lever tôt au son du réveil. Et c'est de pire en pire ...
J'vais quand même pas aller contre ma nature toute ma vie !!!

Garg 07/10/2005 18:52

Cher Sénio, je suis profondément désolé si tu t'es mépris de mes intentions. Disons juste que, parlant de Sarko, et surtout de son commentaire à la Courneuve l'été dernier parlant de "karchériser" les cités, je ne peux m'empêcher de trouver en cet homme un danger de totalitarisme. Et, profitant de ton "croix de bois, croix de fer", je n'ai su résister à une image forte, en forme de cynisme à la Diogène. Parce que les idées de ce mec me font assez peur pour que je recourre à ce genre de moyens.
Je te réitère toute mes excuses pour ma maladresse verbale.

matthieu 07/10/2005 18:00

Cécilia S > J'adore toujours votre prose nocturne... Si j'osais, je dirais que vous êtes mon rayon de lune quotidien... Revenez souvent.

Eric le vert > Ben dis donc... Quelle poésie !

Garg > Oui, mais ça a un petit côté "petit" la migraine quand même...

Epictete > Ouai...

Bee Human > Il me semble que les trois premiers jours ne sont pas systématiquement pris en charge par l'entreprise. Ca a peut être changé, mais je sais qu'il y a quelques années, par exemple (et pour ne parler que ce que je connaîs), les intérimaires perdaient les trois premiers jours de paie quand ils étaient malade. Concernant l'immobilier, je ne suis pas tout à fait d'accord: quand des couples qui se connaissent depuis 3-4 ans s'endettent sur 30 ans pour se payer une baraque, avec promesse de patates à l'eau pendant au moins la moitié de ce temps là (ensuite, après le divorce, il n'y a même plus de patates, plus que de l'eau), on ne peut pas dire que la consommation soit soutenue... En fait, vivent les crédits qui donnent
l'apparence d'un pays en pleine forme.

Sénio > Ben pourquoi tu veux pas travailler jusqu'à 70 ans ?

Garg > Euh...

George > Nous aussi on t'aime !