La France a perdu...

Publié le par Matthieu C.

...l’un des plus mauvais écrivains de sa génération. Outre le fait qu’il ne savait quasiment pas écrire, le pauvre garçon était un provocateur un peu minable se prenant pour un poète maudit, un peu dans le rôle du gars qui se branle frénétiquement et qui se prend pour un séducteur en puissance. Et oui, Guillaume Dustan est mort, d’une « overdose médicamenteuse involontaire », lundi, à l’âge de 40 ans. Une overdose médicamenteuse involontaire… Ca veut dire qu’il a pris trop de médicament sans s’en rendre compte. En même temps, on fait parti de l’intelligentsia parisienne ou pas.

 

Dustan, qui aimait à s’élever contre un certain parisianisme n’a réussi qu’à devenir l’emblème d’une certaine idée de l’autofiction, un genre qu’il est persuadé d’avoir révolutionné au milieu d’autres écrivains aussi merdiques que Christine Angot et compagnie. Dans son premier roman, « Dans ma chambre », il raconte comment, pendant combien de temps, dans quelles positions il se met des godes dans le cul… On a les révolutionnaires qu’on mérite. Eric Loret, dans Libération, se livre à un exercice hagiographique aussi périlleux que ridicule, dans un article finement intitulé « Dustan qui passe » : la dernière phrase méritera de rester dans les anales (avec un seul « n » bien sûr, pour faire dans les jeux de mots vaseux, minables et sans vie queue chérissait particulièrement Dustan) : « Avec sa disparition, la littérature de l'avenir est déjà du passé ».

 

Dustan a également commis le célèbre « Nicolas Pages », pour lequel il a reçu le prix de Flore. Dans cet espèce de livre, il raconte tout (oui, les néo autofictionnaires n’ont aucune pudeur) ; il y raconte ses chiasses, ses vomissements, ses branlettes… Bref, que des choses qui apportent un éclairage nouveau sur rien, si ce n’est sur le fonctionnement de l’appareil gastrique d’un séropositif surmédiatisé.  Dans LXIR, Dustan le révolutionnaire de bac à sables remplace tous les « que » par des « queues »… A quoi tiens le génie, quand même…

 

Dustan, qui avait commencé comme juge administratif jusqu’à ce qu’il apprenne sa séropositivité, forçait les coups de pub, se prononçant et tentant de démontrer l’intérêt du bareback (relations sexuelles non protégées). Avec des arguments philosophiques de caniveaux, de la psychologie de caniveau et du français d’égout, il tentait de justifier les joies de la surinfection.

 

Dustan n’avait pas peur de la surinfeciton, la connerie ayant surinfectée son cerveau depuis très longtemps, trop longtemps diront certains. Au point qu’il n’arrivait plus à compter correctement ses médicaments, et qu’il en est mort. Parce que en plus, pour un gars qui se croyait révolutionnaire comme lui, c’est une mort con : il se voulait Che Guevarra, il a eu la fin de mère Térésa (qui n’est peut-être pas morte d’une overdose médicamenteuse involontaire, mais j’aime bien la comparaison). Une fin ridicule, comme une sortie ratée, une conclusion finalement logique après une carrière d’écrivain raté et des interventions médiatiques délirantes toutes aussi ratées.

 

Vu la mort de ce chantre de l’autofiction, je propose de lancer une grande opération : Un Lexomil pour Christine Angot. Avec un peu de chance, on arrivera à lui en envoyer une provision suffisante pour que, croyant soigner sa névrose de pauvre bourgeoise triste, elle arrive, elle aussi, à faire une « overdose médicamenteuse involontaire », et à débarrasser un paysage médiatique et littéraire qu’elle a trop longtemps encombré.

Matthieu

Publié dans critiquons

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Eric 16/10/2005 11:54

Cher Mathieu,

je vous trouve un peu violent avec un mort, mais tout à fait juste avec un con. Quant à ma nécro dans Libé, je vous suggère de la lire avec quelques points d'ironie car, elle aussi, elle est réversible ! (d'ailleurs n'est-ce pas la devise des "Cochons dans l'espace" : "Avec eux, l'avenir est déjà du passé" ?)
J'ai des preuves de bonne foi :
http://www.liberation.fr/page.php?Article=323705

Eric Loret

Sénio 15/10/2005 12:42

"Baiser sans capote ? Déjà, je trouve ça moyen...."
un pourcentage ou une moyenne ... dans le fond, c'est pareil. :p

matthieu 15/10/2005 10:19

Bon alors Sénio, le pourcentage de personnes déviantes, si tu pouvais éviter, ça serait sympa.
Florian: Dustan faisait ce qu'il voulait avec sa bite et son cul, on est d'accord. Baiser sans capote ? Déjà, je trouve ça moyen, ça ne concerne pas que lui (oui, pour baiser, il faut être deux)...
Pour en revenir à ses livres, j'ai vraiment du mal à appeler ça "livres". Franchement... Je veux bien que ce type ait réussi à soulever pas mal de question à travers une approche du sexe inédite. Mais, par exemple, une publicité pour des tampons arrive au même résultat.
Sinon, je changerai peut-être d'avis dans le futur, je ne suis pas si obtus que ça !!!
Cordialement aussi

Florian 15/10/2005 02:18

Il faut lire Dustan au second degré (si toutefois tu as lu quoique ce soit de lui, en dehors des trois pauvres extraits dont t'ont peut-être abreuvé les médias que tu lis pour te démontrer en quoi c'était un crétin et un vilain barebakeur).
Certains écrivains pensent que c'est en exprimant le trash que les réactions des gens sont plus spontanées (un peu une forme de catharsis, sauf que depuis sophocle la vie a changé).

Quand tu critiques un benêt démago comme Werber, je suis d'accord avec toi. Quand tu t'en prends à Dustan j'ai un peu du mal à comprendre. Si c'est parce que l'image qu'il renvoie des homos te fait peur (dans le sens où tu te dis "tiens je suis homo, la vision qu'il donne aux autres de l'homosexualité me fait peur parce que les gens vont penser que tous les homos sont "comme ça"), je trouve ça simplement navrant.

Personnellement je pensais comme toi - sans doute même pire - il y a quelques années, sans l'avoir lu. Simplement en l'ayant vu chez Ardisson. Je l'avais trouvé antipathique au possible, Ardisson l'avait pas mal allumé (service public, le no-kpotes, c'est mal) alors que c'est tout simplement un type qui disait que chacun était responsable de son cul et qu'il n'avait pas à d'être responsable du cul des autres. Il disait également que le préservatif ne saurait être une norme au rapport sexuel. Ce qui en soit n'est pas méprisable puisqu'on peut comprendre que les gens, à terme, souhaitent un vaccin contre le VIH pour ne plus porter le petit chapeau et en être débrassé.

Enfin concernant son style même je n'ai jamais été très fan du langage SMS mêlé de logghorées verbales (du genre écrire une phrase de 50 pages, aucune syntaxe, etc.), il était plutôt en accord avec le fond (un truc assez vif, violent, explosé).

Je crois que tu sous estimes Dustan, parce que sans être complètement fan du type, on peut quand même admettre que son approche du sexe (ça ne parle effectivement que de cul, mais le cul n'est qu'un prétexte, je suppose que tu connais le sens d'une allégorie... bein disons que le cul chez Dustan c'est son allégorie de la vie. Et c'est un peu plus original comme approche que la colonie de fourmis niaiseuses de Werber) était assez inédite et (en ce qui me concerne) a réussi à susciter pas mal de questions.

Je regrette que tu sois aussi obtus. J'aimerais vraiment que tu essaies de lire quelque chose de Dustan en entier (du genre Dans ma chambre ou Nicolas Pages, surtout pas Génie Divin) ou même Rémès avec un peu de détachement et que tu nous redonnes ton avis dans quelques temps.

Cordialement...

Eric_M 14/10/2005 16:20

voilà, voilà
est-ce que sa mort au moins servira à quelque chose?