c'est bientôt Noel

Dimanche 28 novembre 2004

Aujourd’hui, premier dimanche de l’avent. Avant quoi ? Avant noël. Oui, les curés ont trouvé que ça suffisait pas noël, et qu’il fallait donc faire un truc pour ramener le fric ; d’où l’avent.

L’église, c’est le Auchan des cons ; ben oui, chez Auchan aussi ils préparent noël longtemps à l’avance ; la différence c’est qu’à Auchan, ils ne se cachent pas de vouloir ramasser de l’argent avec noël.

Bon, comme c’est le premier dimanche de l’avent, on va commencer mollo. Cette semaine : Le noël du Marin.

La Marin a une cinquantaine d’années. Ou un quarantaine. A moins qu’il n’ait 60 ans. De toute façon, ça fait un bail que tout le monde s’en fout de l’âge du capitaine. De même que de son nom. Il est devenu « le Marin » peu après sa descente dans la rue, devenue son monde depuis maintenant près de 15 ans. Le Marin traîne depuis 15 ans cette casquette achetée 3,50 francs à Emmaüs et qui lui a valu son surnom.

 

Un jour, peut-être l’année dernière, peut-être l’année d’avant, il faisait la manche du côté de Monoprix, sur les boulevards. Un petit garçon lui avait demandé : « Qu’est-ce que tu fais ici ? T’as pas froid ? ». Sa mère l’avait brutalement tiré par le bras, lançant un sourire contrit vers le Marin, qui aurait préféré un euro ou deux. Ce gosse l’avait plongé dans une rêverie, dans laquelle il se revoyait, gamin, avec ses parents, préparant un splendide noël, comme d’habitude. Une époque où il y avait des cadeaux, de la nourriture à profusion et du feu dans la cheminée. Une époque où… il se mordit la joue jusqu’au sang pour ne plus rêver. Il ne voulait pas être hanté par les souvenirs des jours heureux.

Noël, cette année, il le passera comme toutes les années, à l’armée du salut. En fait, il passera le réveillon et le jour de noël à l’armée du salut. Comme toutes les années depuis… depuis qu’il avait rencontré Gilbert, qui l’avait tuyauté. Et il continuait maintenant à y aller, seul depuis la mort de Gilbert.

Pour le nouvel an, le programme était différent : une année, il allait au réveillon du secours catholique, l’année d’après, à celui du secours populaire. Pour pas faire de jaloux comme il le disait.

 

Ces réveillons, il les haïssait comme il haïssait le froid. Devoir s’attabler avec ses compagnons d’infortune (qui, pour lui, étaient tout sauf des compagnons) et des dames patronnesses déguisées en pauvres (ben oui, elles faisaient un effort, elles mettaient de vieux tailleurs limites portables), qui s’efforçaient d’établir et de préserver un semblant d’ambiance artificielle, autour d’un repas préparé avec soin, mais que le Marin n’était pas en mesure d’apprécier (il bouffait des saloperies bon marché toute l’année et fumait autant que ses finances le lui permettaient, alors le goût du civet de biche…), c’était encore pire que pas de réveillon du tout.

Il préférait le réveillon de l’armée du salut ; au moins, ils avaient tous la même tenue et ne faisaient semblant de rien. Bon, ils étaient un peu chiants avec leurs bondieuseries après le repas, mais sinon, ça allait. Enfin, ça allait, c’était quand même un jour de merde, parce que le lendemain de noël, c’était de nouveau la rue, mais… mais il le faisait en mémoire de Gilbert, qui était quand même un chouette type.

Mais retrouver les même lieux, les mêmes dames patronnesses (ou les mêmes gradés) autour des mêmes assiettes et des mêmes verres en plastique (remplis de jus de fruits à l’armée du salut, tu parles d’une fête), ça le rendait triste.

Parce que l’année d’après, ce serait encore la même chose. Et toutes les années d’après aussi, jusqu’à ce qu’il rejoigne Gilbert.

Parce que pour le Marin, le miracle de noël n’existe pas, et n’existera jamais.

 

Matthieu

Par Matthieu C.
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Dimanche 5 décembre 2004
Aujourd’hui, deuxième dimanche de l’avent. Avant quoi ? Avant noël. Oui, les curés ont trouvé que ça suffisait pas noël, et qu’il fallait donc faire un truc pour ramener le fric ; d’où l’avent. L’église, c’est le Auchan des cons ; ben oui, chez Auchan aussi ils préparent noël longtemps à l’avance ; la différence c’est qu’à Auchan, ils ne se cachent pas de vouloir ramasser de l’argent avec noël. La semaine dernière, c'était le noël du marin. Cette semaine, le noël de Ahmed.

Ahmed est arrivé en France il y a 2 mois. A 12 ans, il a été obligé de quitter l'Algérie avec ses parents, pour une raison que personne ne lui a donné. Il est donc arrivé avec sa famille (son père, sa mère, ses 2 petits frères et sa petite soeur) à Lyon, où ils ne connaissent personne, si ce n'est un vague cousin du côté du père.

Ahmed ne parle pas un mot de francais, pas plus que les autres membres de la famille. Le cousin, qui les a aidé à trouver un logement (tu parles d'un logement) ne parle pas mieux, et il ne les aidera de toute facon pas. A l'école, Ahmed est dans une classe spéciale, une classe avec d'autres enfants qui ne parlent pas bien francais (voire pas du tout) et qui ont entre 6 et 13 ans. Et là, jours après jours, ils apprennent les rudiments de la langue, souvent sans réussir à se départir d'un accent à couper au couteau. Ainsi, lorsqu'Ahmed doit expliquer ce qu'il fait le matin, il a du mal à expliquer qu'il prend une douche (“quoi c'est ca ?“ demande-t-il à l'instituteur en montrant une douche qu'il venait de dessiner), qu'il mange du pain (“je manger li baguette“, dit-il en lancant un regard pétillant de fierté, heureux d'avoir construit une phrase sans l'aide de personne) et qu'il embrasse ses parents avant de partir à l'école, d'un pas plutôt joyeux. Apprendre le francais l'amuse, et il a envie de se faire une place dans ce pays, il veut devenir docteur, comme le docteur francais du dispensaire de son village. Ahmed a remarqué les lumières qui sont partout dans les rues, en préparation de quelque chose. Mais il ne comprend pas bien quoi, et comme ses parents n'en parlent pas, il décide de demander à un bénévole de l'association où il va, le soir, pour faire ses devoirs et lire du francais. A force de patience et de sourires, le bénévole et Ahmed finissent par se comprendre, le temps de la conversation sur les lumières de Noel. Oui, guère plus longtemps, le bénévole étant de toute facon incapable de comprendre le monde de Ahmed, puisque lui a grandit en France et ignore tout de la culture et de la vie de Ahmed et de sa famille en Algérie. Mais, pour le moment, ils se comprennent. Le plus difficile reste d'expliquer le concept de Noel à Ahmed, qui ne voit pas pourquoi une vieille histoire qui n'a pas l'air d'être tirée directement du Coran provoque cette effevescence. Le bénévole dessine une crèche, mais il s'y prend tellement mal que Ahmed ne reconnait pas un des animaux. Le moment provoque tout de même un bel éclat de rire. Mais le bénévole est pressé ce soir, il doit partir plus tôt, et le “cours“ est terminé.


Ahmed rentre chez lui, il n'a pas chaud mais il s'en fout sur le moment. Il a compris pourquoi les lumières dans les rues, et ca lui plait. Quand il sera docteur, il aura toujours une lumière à la fenêtre pour se rappeler de cette histoire. Mais pour l'instant, il doit rentrer chez lui, dans l'atmosphère pesante du 2 pièces où la famille s'entasse. Illégalement, parce que sans papiers. Sans autre nourriture que celle fournie par la croix rouge.

Et en attendant le moment où il sera médecin, en attendant même seulement le moment où il parlera en francais couramment, il n'y a pas de miracle de noël pour Ahmed.


Matthieu

Par Matthieu C.
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Dimanche 12 décembre 2004

 Aujourd’hui, troisième dimanche de l’avent. Avant quoi ? Avant noël. Oui, les curés ont trouvé que ça suffisait pas noël, et qu’il fallait donc faire un truc pour ramener le fric ; d’où l’avent. L’église, c’est le Auchan des cons ; ben oui, chez Auchan aussi ils préparent noël longtemps à l’avance ; la différence c’est qu’à Auchan, ils ne se cachent pas de vouloir ramasser de l’argent avec noël. La semaine dernière, c'était le noel de Ahmed. Aujourd'hui, le noel de Dominique.

Dominique est ouvrière spécialisée. Spécialisée en rien en fait, mais c'est comme ca qu'on dit. Elle en a quand même bavée: elle s'est retrouvée, un matin, sur le trottoir devant chez elle, avec sa valise, ses deux filles qui pleuraient, et toutes ses affaires qui tenaient dans un vieux sac de sport usé que son mari utilisait pour aller au foot jouer avec ses copains. Son mari qui lui tapait dessus quand il rentrait après une troisième mi-temps trop arrosée, son mari qui couchait avec une autre (oui, en fait, avec plusieurs autres, mais d'après ce qu'il lui a raconté juste avant de la foutre dehors, jamais en même temps), son mari qui vient de la virer de chez elle.

Ce jour-là, elle est retournée chez ses parents, en essayant de garder la tête haute, mais personne n'était dupe. La maison, qui n'était pas terminée de payer, elle a été vendue après le divorce. Son mari ayant arrêté de travailler, pas d'autre solution. Depuis, Dominique vit dans un appartement, avec ses deux filles, qu'elle laisse tous les week-end à ses parents, pour aller travailler. Oui, Dominique travaille le week-end. Ca paie mieux. Et d'argent, elle en a cruellement besoin, depuis qu'elle a dû changer de voiture, et qu'elle a acheté une voiture un peu au dessus de ses moyens, grâce à un crédit avec un taux de 12,73 % proposé par le garage. Et pour payer les mensualités de la voiture, le loyer et les affaires pour les gosses, Dominique travaille donc le week-end à l'usine. 29 heures payées 35 (9 heures le vendredi, 10 heures le samedi et le dimanche). Mais comme une paie ne suffit pas, Dominique est femme de ménage du lundi au jeudi. Bon, comme compensation, elle a sa voiture, qu'elle aime bien malgré tout.

Dominique a une grande gueule, est sans gêne et raciste comme un Le Pen sous amphétamines. Tiens, à propos de drogue, Dominique prend des quantités astronomiques de Lexhomil pour ne plus trop penser, et des quantités toutes aussi astronomiques de Guronzan (et la fatigue fout le camp dit la pub). Pour tenir ses 57 heures par semaine à trimer. Heureusement, elle retrouve les copains à l'usine le week-end, et surtout les copines. Un genre un peu spécial de copines, puisqu'elles se critiquent sans cesse, mais, pour Dominique, c'est devenu une seconde famille.

Cette année, noel ayant le bonne idée de tomber un samedi, Dominique ne passera pas noel avec ses gosses. Elle les laissera chez ses parents. Bon, il restera le réveillon, mais le vendredi, elle termine à 20 heures et reprend le samedi. Alors le réveillon, ce sera Drucker pendant 10 minutes et au lit. Toute seule. Les gosses passeront tout le week-end chez ses parents, et elle n'a personne dans sa vie. Ah non; ca, elle le refuse. Un connard qui la trompera à la première occasion, voilà le truc dont elle n'a vraiment pas besoin. Et puis, les copines de l'usine sont bien d'accord avec elle, elles dont les Ÿ sont divorcées avec un jules occasionnel uniquement. A ce propos, Michèle a de la chance avec son routier, qui ne rentre tous les 10 jours, et qu'elle mène au doigt et à l'oeil.

Et pour ces filles qui seront à l'usine jusqu'à 20 heures le 24 au soir, et qui reprendront le 25 à 8 heures, il n'y aura pas de miracle de noel. Parce qu'il n'y a pas de miracle de noel pour les gens qui ont un crédit au dessus de leurs moyens chez Peugeot, pour les gens qui se sont fait foutre dehors par un mari aviné un matin de printemps, pour les gens qui travaillent dans une usine sans lumière naturelle.

Matthieu

Par Matthieu C.
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Dimanche 19 décembre 2004

Dimanche. Dernier dimanche avant Noël. A l'église, on dit dernier dimanche de l'avent. Avent quoi? Est-ce qu'on parle des dimanches de l'après? Ce sont eux les plus terribles. C'est là qu'on aurait besoin de chocolat.

 

Au mois de décembre, chacun s'ingénie à recouvrir sa vie d'un vernis, pour passer un "joyeux Noël". Ainsi, on décors sa maison, les rues sont illuminées, une douce musique de Noël emplie les cœurs et les avenues de nos villes. On cherche les derniers cadeaux, les chocolats, on en oublie le quotidien.

Le banquier n'appelle pas un 24 décembre, pas plus que l'huissier, qui a pris ses congés pour partir quelques jours au ski. Comme dit la chanson "tout s'endort".

 

Et puis, on fête Noël. Enfin... On se goinfre en s'offrant hypocritement des cadeaux en prétextant Noël. On boit comme des trous.

Oubliés les jours d'hivers tristes et gris. Oubliée la rentrée et ses factures. Oubliés les tiers de l'impôt, la taxe d'habitation, la TVA, le prix des cigarettes. On peut fumer tant qu'on veut, c'est Noël on vous dit.

 

Alors, on fait la fête. On bouffe à se faire péter l'estomac, on boit à se faire exploser le fois (boisson + chocolats bien sûr), on achète Elle  pour savoir comment être habillée. (-ée, parce que quand on est un homme, nul besoin de Elle pour savoir que mettre). Donc, voilà pour les vêtements et la coiffure (Chez les Pichon, on achète Femme Actuelle. C'est moins cher, et de toute façon, on ne connaît pas Elle. On ne connaît que Lui).

 

Modes et Travaux permettra d'avoir la plus belle table, avec chemin de table, nappe scintillante, flûte à champagne rose (rose sera la couleur du réveillon, ainsi en a décidé Elle), petit nœud rose personnalisé pour placer les invités. Les invités, d'ailleurs tous habillés pareil, les femmes maquillées comme des voitures volées, maquillées... En rose, bien sûr.

 

Au menu, bien sûr, du foie gras. D'oie, c'est plus distinguo que le foie gras de canard (à noter que, en principe, le connard aussi a un foie gras). Caviar éventuellement (Chez les Pichon, on a foutu des œufs  de lumps sur la table décorée par la nappe à 3,50 € chez connaît, entre le mousseux de Super U et le pâté de foie de Aldi), ainsi qu'une omelette au truffes (Personnellement, je préfère une bonne omelette aux lardons, mais c'est vrai que le soir du réveillon, ça ne se fait pas).

Ensuite, bien évidemment, la dinde (il y en a plus autour de la table qu'au milieu); (Chez les Pichon, poulet "fermier", c'est Noël merde). Tout ça généreusement arrosé des meilleurs vins (sauf chez les Pichon, où on s'est acheté la sélection de Auchan, 12 € la caisse de 12, c'est une affaire putain).

 

On parle, on parle, mais c'est déjà minuit. Les enfants sont toujours réveillés, le père Noël arrive. On a fait appeler un étudiant qui se déguise en père Noël, moyennant 20 €. Le pauvre fait le tour de toutes les habitations du quartier, ça lui fera toujours 150 euros; pour son mois de janvier. Et puis, il mangera plus tard, quand il aura fini sa tournée. (Chez les Pichon, on n’a pas les moyens de payer un fainéant, c'est Roger, le frère de Suzanne qui s'y colle. Il quitte la table discrètement - bourré comme il est, c'est pas discret du tout, et ça fait rire tout le monde - il enfile l'habit du père Noël et arrive en prenant une grosse voix.... Kevin, Kim, Joey, Sue, Tracey ne sont pas dupes, mais s'ils disent quelque chose, il s'en prennent une).

 

Donc, une fois les cadeaux distribués ("Kevin, tu va la fermer ta gueule oui? Un camion, c'est un cadeau de garçon, pas comme l'aquarium que tu voulais. T'es pas un PD bordel") l'agitation reprends, on mange du fromage par correction, parce que on a plus faim, surtout depuis les marrons, les pommes de terre et le gratin de cardons à la crème fraîche qui  accompagnaient la dinde (les petits pois et les fayots qui accompagnaient le poulet chez les Pichon) puis vient la bûche ("Mais si Dédé, 3 € la bûche 10 parts chez Inter. Pas dégueu en plus...").

La bûche... Après avoir ingurgité les aliments énumérés ci-dessus, il faut maintenant s'envoyer la bûche au beurre, goût Grand Marnier. Avec le champagne (C'est Noël). Ecoeurés mais ravis, les invités s'embrassent ("Josy, on a dit on se fait la bise, pas on fait une pipe" ha ha ha) et se séparent.

 

Au lit tout le monde.

Le lendemain... C'est Noël. Pour de vrai. Et pourtant, ça ressemble plus à Alésia qu'à Gergovie. La nappe est tâchée de chocolat, les noeuds papillons roses sont déchirés, les flûtes sont sales, le foie gras a fondu dans la nuit (il reste une marre marônatre, évoquant de très loin seulement le glorieux morceau qu'il a été jadis), la dinde n'est plus symbolisée que par quelques os auxquels sont accrochées des morceaux de viande de taille variable, et le champagne est éventée.

Mais c'est Noël, on prend son courage à 2 mains, on range, malgré la migraine et la tenace envie de vomir. 2 Alca seltzer et 1 heures plus loin, la maison ressemble de nouveau à une maison (sauf chez les Pichon qui  mangeront demain bordel, on a le temps c'est Noël).  On va bouffer chez la belle mère (on dit belle maman, sauf chez les Pichon, mais on s'en fout, elle est dans sa maison de retraite la vieille).

 

On re-mange comme des bêtes, on re-boit comme des trous.

Bon. Le vernis tient toujours. Il faut ensuite se préparer pour le réveillon du jour de l'an, où c'est la même chose que ci-dessus (sauf le père Noël et les cadeaux). On entend ça et là "moi ces fêtes, ça m'épuise". Juste pour maintenir la bonne ambiance, il y en a qui sont épuisés parce qu'ils doivent travailler 15 heures par jours dans une mine de sel au Sénégal, mais bon...

On refait la fête, on reboit, on remange, et là... Arrive le 2 janvier. Tel le carrosse de Cendrillon à minuit, le verni que l'on avait passé sur nos vies s'évapore. Plus rien. Nichts. Nothing. La vie telle qu'elle est, enfin. Après un mois passé à colmater nos vies, nos extérieurs et notre intérieur, on est de nouveau comme avant. Non, rien n'a changé.

 

On attaque une nouvelle année comme on a attaqué toutes les années d'avant. Avec la gueule de bois, le banquier qui peut rappeler, l'huissier qui est revenu du ski et qui peut à nouveau arriver. Le vernis explose, on redevient ce qu'on a toujours été. Le miracle de Noël a fait effet 1 semaine (tu parles d'un miracle), la vie reprend ses droits, la fête est finie.

 

Et Noël dans tout ça? Le sens de Noël? Il y a bien longtemps que Noël n'a plus de sens, dans les églises encore moins qu'ailleurs. Chanter juste le premier couplet de "Il est né le divin enfant" pour finir la messe plus tôt, voilà Noël dans l'église. Mieux vaut regarder Drucker (comme les Pichon tiens), au moins on se ment moins.

 

Matthieu

Par Matthieu C.
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Vendredi 24 décembre 2004

La Barbie Bernadette Chirac ® : relativement usée, elle est toutefois le fidèle portrait de son modèle. Le même sourire pincé, le même regard torve, elle assurera des heures de bonheur à toutes les petites catholiques du monde entier. En plus, la Barbie Bernadette Chirac ® est livrée avec son authentique sac en imitation de peau de cuir, et elle réclame des pièces jaunes dès que tu lui appuis dans le dos ! Le bonus ? Tu peux lui glisser des pièces jaunes dans le sac à main de la Barbie Bernadette Chirac ®, et, comme pour la vraie, tu ne sauras jamais où sont passées tes pièces !

Le Ken Jean-Paul 2 ®: c’est la promotion de l’année : comme le vrai, il est livré sans dents, et, si tu lui appuie dans le dos, il tremblera comme le vrai ! (attention, les piles de ce modèle s’usent vite). Comme le vrai, le Ken Jean-Paul 2 ® peut parler (attention : uniquement du préservatif et de l’avortement) !!! Il est livré avec 3 robes blanches (pour pouvoir le changer quand il fait pipi sous lui) et deux calottes ! Le bonus ? Le prix !!! en effet, ce modèle disparaîtra de notre gamme en 2005 ; alors, n’attendez plus et achetez le Ken Jean-Paul 2 ®.

La Barbie Régine ® : toi aussi, sois la reine de la nuit la plus ringarde du monde !!! ce modèle est composé exclusivement de plastique, comme la vraie ! En plus, un bouton dans le dos permet de lifter la Barbie Régine ® tous les 6 mois si tu le veux !!! Attention, la Barbie Régine ® parle : elle demande du whisky et des cigarettes dès que tu lui lève le bras. Comme la vraie, elle parle !!! Attention, ce modèle est à réserver aux grandes filles, car la Barbie Régine ® est vulgaire comme l’originale ! Le bonus ? Un simple sac à pommes de terre découpé suffit à habiller parfaitement la Barbie Régine ®.

Le Ken Philippe de Villiers ® : Cette poupée parle comme la vraie ! Toujours une connerie à dire (dans un français châtié pour faire croire que c’est intelligent), ce Ken Philippe de Villiers ® s’entend très bien avec la Barbie Bernadette Chirac ®. Mais tu devras faire attention de ne pas placer Ken Philippe de Villiers ® à côté d’une Barbie jeune, car le Ken Philippe de Villiers ® lui sauterait alors dessus, et tenterait d’avoir des rapports sexuels ! Par contre, cette poupée s’entend très bien avec le Ken Dominique Baudis ®. Le bonus ? Pour 10 francs de plus (oui, le Ken Philippe de Villiers ® se paie en francs), tu peux acquérir les sept enfants légitimes et les 3 enfants naturels du Ken Philippe de Villiers ® !

La Barbie Diam’s ® : comme tous nos modèles, cette Barbie Diam’s ® est une fidèle reproduction de l’originale. C’est pourquoi tu trouveras sa tête aussi légère ! Cette Barbie est livrée avec 3 modèles de jogging différents, pour lui permettre d’être classe comme la vraie !!! Cette Barbie Diam’s ® s’entend très bien avec la Barbie Régine ®, car elles ont le même langage !!! Le bonus ? cette Barbie Diam’s est capable de répéter 1384 fois (sans changer de piles) « j’emmerde le Front National » ! Le cadeau idéal pour toutes les rebelles des quartiers chics !

Matthieu

Par Matthieu C.
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