C'est pas drôle

Mardi 5 octobre 2004
En 1959, G. Grangier sort « Archimède le clochard » avec, notamment, Gabin, Blier, Jacqueline Maillan. C’est l’histoire d’un clochard qui, voyant que l’immeuble dans lequel il squatte va être détruit, décide de mettre tout en œuvre pour aller passer l’hiver au chaud, en prison.

En 2004 maintenant, une petite histoire vraie : Louis Bodein (rien à voir avec Pierre, le tueur), 36 ans, a fracturé la vitrine d’une boulangerie à Strasbourg, s’est enfui avec la caisse enregistreuse sur la tête, et a été arrêté alors qu’il tentait d’ouvrir le tiroir. La présidente du tribunal, où il a été jugé hier, a rappelé que « chaque année à l’arrivée de l’hiver, il commet une infraction pour aller en prison ».

 

C’est marrant ça : d’un côté Chirac se fait réélire tous les cinq ans pour échapper à la tôle, d’un autre côté un clochard veut passer l’hiver au chaud. Pourquoi ne pas condamner Louis Bodein pour les délits de Chirac ?

Ou pour ceux de Jean-Christophe Mitterrand, qui se trouve « dans une très grande détresse » (comme il l’a écrit le 15 septembre à la cour pour justifier sa non-comparution à son procès pour fraude fiscale). Ca aurait de la gueule, un clochard condamné pour fraude fiscale ! Heureusement, la grande souffrance de Papamadit n’a pas touché son appétit, puisqu’il est toujours gras comme un moine malgré qu’il soit un « homme désespéré ». C’est marrant ça, homme désespéré, c’est plutôt ce que j’aurai dit de Louis Bodein, pas du fils Mitterrand.

 

Dans le film « Archimède le clochard », un des personnages dit :

- Il ne faut pas se fier à l’apparence physique des gens.

Ce à quoi un autre lui répond :

- Avec vous, si ! … Vous avez la gueule de travers et la mentalité biscornue, vous êtes synchrone…

Ben je trouve que cette réplique convient tout à fait au fils Mitterrand, qui est en grande détresse uniquement lorsqu’il a un procès, pas quand il vend des armes ou fraude le fisc.

Voir la pauvre vieille Danièle Mitterrand se ridiculiser en dénonçant les juges et la rançon ne m’a même pas fait pitié. Non, ce qui me fait pitié, c’est un gars comme Louis Bodein, un gars qui demande au juge d’application des peines le droit d’aller en prison car « le dimanche, on y mange des frites »…

 

Et vous savez quoi ? J’espère que les frites seront bonnes. Et qu’elles pèseront moins lourd que les ortolans du fils Mitterrand. Parce que la vraie détresse, ce n’est pas d’être poursuivi pour fraude fiscale. C’est de faire une connerie pour pouvoir manger des frites.

Si je pouvais, je vous ferais maintenant écouter Brel chanter « Viens il me reste trois sous / Et si c'est pas  assez / Ben il me restera l'ardoise / Puis on ira manger / Des moules et puis des frites / Des frites et puis des moules / Et du vin de Moselle »…

 

Louis Bodein a finalement été condamné à 4 mois de prison ferme. Pour paraphraser Gabin dans « Archimède le clochard », je terminerai juste comme ceci :

« Vous appelez ça une sentence ? Moi, j’appelle ça une aumône ».

 

Matthieu

Par Matthieu C.
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Mardi 12 octobre 2004

Je suis fatigué, j’en ai marre…

Hier soir, Jules était chez moi, il me dit : « je vais peut être partir ce soir ».

« Non, je lui réponds, pars demain, tu as le temps ».

Ben oui il a le temps, ses week-end c’est du dimanche soir au mercredi midi.

Donc, il reste.

 

Ce matin, je me lève pour aller bosser (et vous imaginez ma joie à l’idée de retrouver Martine et les autres), je vais à ma voiture, et le parking de là où j’habite me semblait vide, mais vide… Vide comme une bouteille de Véronique Sanson un soir de solitude. C’est dire.

Tellement vide que j’ai cherché la voiture de Jules des yeux. Mais de voiture de Jules, point. Enfin, plus. Ben oui, aussi, sur ce parking, il y avait une BMW rutilante, une peugeot 406, une vieille Opel Kadett, une Seat Cordoba blanche. Et la voiture de Jules, celle qui a été volée, c’est… Et oui, vous avez gagné, la Kadett qui a 130.000 kilomètres au compteur.

Ouai, elle est pas neuve-neuve, mais ça fait 3 mois qu’il l’avait. Je vous raconte :

En juillet, Jules rentrait du travail avec sa Ford fiesta, quand une voiture bourrée de jeunes l’a percuté. Bilan : 8 jours d’ITT et la voiture cassée (tiens, je pourrais raconter l’hôpital dans lequel il était, avec les vieilles sœurs et les murs couleurs murs de prison…). Il doit donc changer de voiture. Mais comme c’est une dépense qu’il n’avait pas prévu (et qu’il venait juste d’attaquer dans une nouvelle entreprise)… il choisit donc une voiture pas hors de prix (en fait, pas cher du tout) en attendant de pouvoir s’en payer une nouvelle (une vraie). Mais voilà, ce matin, plus de voiture.

 

Direction la gendarmerie, où nous sommes accueillis (oui, écrire « très gentiment accueillis » aurait été exagéré). Jules étant allemand, et le gendarme n’en parlant pas un mot, je reste pour le dépôt de plainte qui devait durer « 20 minutes environ ». Bilan, nous sortons de la gendarmerie 1h15 plus tard. On apprend juste que la voiture a été prise en chasse par la gendarmerie à 2h15, et que les gendarmes ont été… semés. Je veux pas dire du mal de la gendarmerie, mais c’est vrai qu’ils sont compétents… Pour me venger, je vais acheter l’intégral du «gendarme de Saint-Tropez » tiens.

En plus, quand Jules a téléphoné à l’assurance, le type au bout du fil a cru qu’il se foutait de sa gueule quand il lui a annoncé que sa voiture avait été volé.

« Je peux pas le croire » lui a-t-il, avec beaucoup de tact, déclaré.

« Moi non plus » a répondu Jules, légèrement froissé (ben oui, Jules est patient, mais faut pas pousser mémé dans les orties non plus).

Ce type, particulièrement con, a quand même demandé:

"Ils ont volé toute la voiture ?"

"Non, connard, juste le côté droit" n'a pas répondu Jules.

 

Donc, je suis arrivé au bureau à 9h00 (et parti à 11h30) et expliqué aux collègues pourquoi mon retard (bon, j’ai pas dit Jules, j’ai dit un copain, ben oui l’homosexualité c’est satanerie de part chez nous). Donc, d’après l’avis quasi-général « ce sont les arabes ». Il faudra que je pense, à l’occasion, à les remercier pour leur soutien. Ben ouai, parce que quand vous avez des emmerdes, le truc dont vous avez envie, c’est qu’on vous sorte des remarques comme ça.

Cette après-midi, je conduis Jules chez le loueur de voiture, qui lui laisse une voiture pour 3 jours (payé par le club auto de Jules). Après les trois jours, c’est le demerdierensiesich avec l’assurance, qui attend 1 mois avant de verser l’argent, pour être sûre qu’on ne retrouve pas la voiture.

Donc, on verra bien.

D’habitude, je ne me plaints pas sur ce blog (oui, pour me plaindre, j’ai le téléphone) mais là, je suis désolé, j’avais besoin de gens qui croient possible qu’on puisse voler une vieille Opel Kadett dans une impasse (ben oui, la route s’arrête 100 m après mon immeuble).

Comme disait l’autre, ça ira mieux demain. Et si ça ne va pas mieux demain, on attendra après-demain.

 

Matthieu

Par Matthieu C.
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Samedi 16 octobre 2004
  Aujourd'hui, vous avez échappé à une note sur Pascal Sevran. Oui, c'est son anniversaire, il a 59 ans. J'aurais donc pu faire un post sur lui, son émission dans laquelle c'est toujours un plaisir de voir Josy Andrieu en mini jupe de cuir rouge interpréter “Mea Culpa“, ou la désormais momifiée Petula Clark faire un tour sur elle-même pendant une chanson pour remettre discrètement son dentier en place.

Mais non. Aujourd'hui, je voudrais faire une note sur Matthew Shepard qui brûle en enfer depuis 2197 jours.

Enfin, ça, c’est le site d’un religieux chrétien qui le dit. Le révérend de l’église baptiste de Westboro a en effet créé un site sur lequel on peut notamment voir une plaque mortuaire posée sur un bloc de marbre, avec ce commentaire: monument, consacré à l'arrivée de Matthew Shepard en enfer, que WBC (Westboro Baptist Church) prévoit d’ériger dans le parc de ville de Casper pour se rappeler que Dieu déteste les pédés.

Matthew Shepard était un étudiant en sciences politiques de 21 ans. Le 6 octobre 1998, il sort prendre un verre avec des amis. Ses amis partent et, resté seul, Matthew se fait accoster par deux jeunes qui lui demandent s’il est gay. Il acquiesce, et ils lui proposent de partir ensemble. Il accepte.

Arrivés hors de la ville, les deux jeunes frappent et torturent Matthew: coup de crosse à la tête, coupures (tellement profondes qu’elles atteignent l’os), brûlures sur tout le corps. Matthew est ensuite laissé pour mort, attaché à une barrière. Il restera 18 heures à une température proche de zéro, avant qu’un cycliste ne le découvre et n’alerte les secours.

Matthew reste dans le coma pendant 4 jours. Il meurt dans la nuit du dimanche au lundi.

Ses obsèques ont lieu le 16 octobre. Alors que l’église est pleine, dehors, des manifestants de l’église dont je parlais plus haut portent des pancartes sur lesquelles sont écris «dieu hait les pédés» (god hates fags), tandis que les assassins sont qualifiés de «saints». Cette manifestation sera dispersée par la police.

Toute l'histoire de Matthew Shepard, ainsi que de nombreux liens sont ici. (je laisse le lien dans la colonne de droite également)


Est-ce dans ce monde là que nous voulons vivre? Demande Eva Joly dans un livre consacré à la justice. Je reprends donc sa question en ce qui concerne ce crime, qui est un crime de haine bestiale.

En 1998, un garcon est mort parce qu'il aimait les garcons, et il s'est trouvé des gens pour se réjouir de cette mort atroce. En 1998, c'est à dire pas au XIXème siècle dans un pays reculé et non civilisé. Non, il y a seulement 6 ans.


Pour finir, juste ces quelques mots prononcés par le père de Matthew Shepard à un des assassins de son fils (les deux meurtriers ont été condamnés à la prison à vie):

«M. McKiney, je vais vous sauver la vie, aussi difficile cela soit-il, à cause de Matthew. A chaque fois que vous fêterez Noël, un anniversaire, ou la fête nationale, rappelez-vous que Matthew ne les fête pas.»

N'oubliez jamais.

Matthieu

Par Matthieu C.
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Jeudi 28 octobre 2004
 

Elle était assise là. Là où on lui avait dit. Depuis longtemps, elle avait appris à être docile. Mais que faisait-elle là, se demanda-t-elle soudain ? Elle attendait de rentrer sur le plateau, après être passée au maquillage. Ce plateau, symbole de tous ses rêves, de ses espoirs. Et voilà qu’en ce jour, la télé s’ouvrait à elle.

 

Elle avait grandi en Pologne. Née au début des années 80, son enfance était faite des frustrations et des privations des régimes de l’est. Elle n’avait connu le Coca Cola que bien plus tard (mais n’en buvait quasiment jamais pour ne pas grossir), et s’était mise à rêver devant une Tour Eiffel en plastique doré que son frère, étudiant en France, lui avait envoyé dès qu’il avait pu.

Devant cette Tour Eiffel dont la peinture s’écaillait à force d’avoir été touchée, tripotée, sentie et retournée dans tous les sens, elle rêvait à ce que serait sa vie, dans ce Paris qu’elle connaissait au travers des cartes postales de son frère. Elle se voyait déjà au bras d’un jeune homme beau et riche, avec un vison sur les épaules et un magnifique diamant au doigt.

Elle avait grandi, puis travaillé, puis mis de l’argent de côté, et enfin, avait pu se payer le voyage en France. Et un croissant. Après quoi, elle n’avait plus eu un sou. Mais elle savait qu’elle allait s’en sortir. Elle était belle, elle était grande, elle serait mannequin.

 

Hébergée par son frère, elle avait rapidement prit contact avec des agences. Mais les agences lui demandaient toutes un book, alors qu’elle n’avait pas les moyens de se payer un appareil photo jetable. Finalement, son frère l’avait mise en contact avec l’un de ses clients, producteur. Le producteur avait voulu coucher avec elle. Elle n’avait pas de raison de refuser, ce ne fut qu’un moment à passer, et ensuite, elle savait qu’un rêve pourrait commencer : elle pourrait devenir comédienne.

Mais, avait prévenu le producteur, elle avait un accent épouvantable et ne pourrait pas tourner en français. Elle devrait d’abord faire quelques scènes dans des films avant de devenir une actrice à part entière. C’est ainsi que commença sa carrière de porno-star. 

 

Elle avait commencé avec « autant en emporte le gland », enchaîné avec « des gars, une fille ». Mais sa carrière avait véritablement pris son envol avec « Torrent d’amour ». Elle était appréciée dans ce milieu car elle ne refusait aucune scène. Rien ne lui faisait peur, et elle ne refusait aucun scénario. Bien sûr, elle avait vite compris qu’elle ne serait jamais actrice, qu’elle continuerai à faire des pornos jusqu’à au moins 30 ans, puis qu’elle devrait se caser. Mais ça ne la dérangeait pas. Elle gagnait de l’argent, avait un appartement à Paris, et voyageait pour les besoins de ses films. Elle avait informé sa famille de son métier, ne voyant pas en quoi vivre avec un vrai toit sur sa tête, de l’électricité tout au long de la journée et de l’eau 24 heures sur 24 pouvait être déshonorant. Et sa famille ne l’avait pas rejeté, en partie, et elle le savait, parce qu’elle envoyait une petite somme d’argent tous les mois. Ce qu’elle considérait être une petite somme d’argent, mais qui était le montant du salaire de son père.

 

Elle se trouvait donc là, à attendre son entrée sur le plateau télé, afin de parler de la consécration qu’était le hot d’or qu’elle venait d’obtenir pour « à quoi ça sert la frite si t’as pas les moules ? ». Et personne ne remarquait que son sourire était triste, que ses lèvres gonflées de collagène n’exprimaient pas la joie, ni même l’amusement. Personne ne remarquait non plus que ses yeux ne pétillaient pas. De toute façon, personne ne regardait ses yeux. Tout le monde fixait sa poitrine refaite qui semblait jaillir d’un tout petit top rose, sur lequel était marqué, en lettres de paillettes, Love Me (une idée de son producteur, qui était devenu, depuis, son mari).

 

Et surtout, personne ne voyait, au fond de ses grands yeux tristes, une petite Tour Eiffel en plastique doré dont la peinture s’écaillait.

 

Matthieu

Par Matthieu C.
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Mardi 2 novembre 2004

Il était une fois un petit garçon et une petite fille. Ils étaient nés à quelques jours d'intervalles, et faisaient tous les deux la fierté de leurs parents. En fait, surtout de leurs mamans, qui ne cessaient de s'extasier devant la beauté de leurs bambins. Ces deux femmes ne se connaissaient pas, et leurs enfants non plus. Ils ne fréquentaient pas la même école, n'habitaient pas le même quartier, n' avaient pas le même styles de copains. Ils n'avaient aucune chance de se rencontrer.

La petite fille a grandi. Elle allait à l'école, rêvait de rencontrer un mari digne d'elle, un ingénieur ou un architecte, comme son père. Un homme qui la couvrirait de bijoux, d'amour, d'enfants.

Le petit garçon a lui aussi grandit. Il rêvait de rencontrer une fille (en fait, il rêvait de rencontrer DES filles) avec qui il pourrait faire des enfants (il voulait pleins d'enfants). Le petit garçon qui avait grandit rêvait de servir son pays pour quelque chose de grand.

Tous les deux avaient pourtant le temps. A 16 ans, on a encore le temps de rêver, le temps de la concrétisation viendra plus tard. Tous les deux rêvaient donc, sous les yeux de leurs mères respectives, qui les couvraient toujours avec amour. Le même que lorsqu'ils n'étaient encore que des bébés à la maternité.


Un jour, un homme est venu voir le petit garçon qui avait grandi. Il est venu lui parler de grandes choses. Et ce petit garçon qui avait grandi, qui n'était pourtant encore qu'un enfant, a écouté. Et ce qu'il a entendu lui a plu. Il allait pouvoir servir son pays, et, en plus, avoir pleins de filles, lui qui n'en avait eu aucune, mais qui avait, en pensée, possédé les plus belles filles qu'il avait croisé. Il ne parla pas à sa mère de cet homme, mais était de plus en plus subjugué par ce qu'il entendait.

La petite fille qui avait grandit semblait plus sage, moins turbulente. Mais elle ne partageait pas moins des tas de secrets avec sa meilleure copine, qui allait dans la même école qu'elle. Oh, elles ne se parlaient que de “trucs de filles“, mais pour elles, ces secrets étaient plus important que le secret nucléaire. En fait, cette petite fille qui avait grandi ressemblait à toutes les autres petites filles qui avaient grandi.


Un jour, la petite fille qui avait grandi demanda à sa mère si elle pouvait aller voir sa copine, pour faire leurs devoirs ensemble. Bien sûr, c'était surtout pour parler du sourire de David, et de ses yeux. Mais ça, elle ne pouvait pas le dire à sa mère, elle s'était donc contenté de lui parler des devoirs. Et sa mère avait accepté. Et elle avait regardé la petite fille qui avait grandi prendre le bus.

Le petit garçon qui avait grandi avait appris, le matin même, que le grand jour était arrivé, que c'était le jour pour faire de grandes choses pour son pays. C'est l'homme qui le lui avait dit. Il ne mentait jamais, le petit garçon qui avait grandi avait pu le vérifier pleins de fois. Le garçon s'est donc préparé en cachette, pour ne pas que sa mère le voit, car il ne savait pas si elle serait d'accord. Lorsqu'il est sortit, il a dit à sa mère qu'il allait juste rendre une visite à son frère, qui habitait un peu plus loin dans le quartier. Et elle a regardé le petit garçon qui avait grandi s'en aller à pieds.

La petite fille avait rendez-vous avec sa copine à l'arrêt de bus qui dessert le marché de Jerusalem, car elles comptaient aller y faire un tour avant d'attaquer leurs devoirs. La petite fille qui avait grandi regardait un foulard sur un étal, et sa copine n'avait pas vu qu'elle s'était arrêté, elle continuait donc sans elle.

Le petit garçon était lui aussi sur ce marché, il savait pourquoi. Il savait ce qu'il devait faire. Arrivé à proximité d'un étal de foulards, où il y avait beaucoup de monde, le petit garçon qui avait grandi a appuyé sur un bouton. Aussitôt, la bombe a explosé, le tuant, et tuant une petite fille qui avait grandi et qui regardait un foulard en se demandant ce qu'en dirait David.

Ce soir là, deux mères ont pleuré leurs enfants, de la même facon, avec les mêmes larmes. Pendant ce temps, très loin au nord, dans un pays européen, des gens qui ne connaissaient ni le petit garcon, ni la petite fille, ni personne qui était susceptible de les connaître, ces gens débattaient pour savoir laquelle des deux mamans avait le plus pleuré.

Matthieu

Par Matthieu C.
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