Monsieur le censeur, bonjour
Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca est né le 28 janvier 1955 à Paris. Comme il le dit lui-même, il n’est « pas né avec une cuillière dorée dans la bouche ». C’est vrai. C’était une cuillère en or massif. Deuxième d’une famille de trois enfants, il « n’a pas la nostalgie de l’enfance parce que ça n’a pas été un moment particulièrement heureux. » Sa famille a eu la stupéfaction de l’entendre dire : « Ce qui m’a façonné, c’est la somme des humiliations de l’enfance ». Et quelles humiliations… Il a grandi dans l’hôtel particulier que possédait sa mère Andrée dans le XVIIème arrondissement, son père (Paul) s’étant barré peu après la naissance de François, le petit dernier. A l’école, il était au cours privé Saint-Louis de Monceau, et sa mère avocate pouvait toujours compter sur son frère lorsque les fins de mois étaient difficiles. Oui, parce que manger tous les jours chez Fauchon, ça coûte cher. Les humiliations en question semblent plutôt venir de son frère aîné, Guillaume, qui a toujours été plus grand et plus fort que lui.
Et depuis qu’il est arrivé au pouvoir, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca se venge de ces humiliations. Envers tous ceux qui oseraient s’opposer à lui. Ou même lui déplaire.
Ainsi, un livre devait sortir le 28 novembre. « Entre le cœur et la raison » était un ouvrage écrit par Valérie Domain, chef des informations du magazine Gala. Un livre qui parle de Cécilia Sarkozy. Celle-ci, qui a eu plusieurs entretiens avec la journaliste prétend (à tort ou à raison) qu’elle n’a pas pu relire la version définitive. Apeurée, elle téléphone à Nicolas en lui demandant de faire quelque chose, ainsi qu’elle a la connerie de le confier au Parisien. Et que fait Nicolas, Ministre d’Etat, Ministre de l’intérieur et de l’Aménagement du territoire ? Il rassure Cécilia, lui dit qu’il s’en occupe, et convoque Vincent Barbare (qui dirige First, la maison d’édition chez laquelle devait sortir « entre le cœur et la raison ») en le menaçant s’il persistait à sortir le livre. Résultat ? La parution de « entre le cœur et la raison » est reportée. A quand ? on ne sait pas.
En France, lorsqu’un livre porte un préjudice important à quelqu’un, il est possible de saisir le juge des référés pour qu’il statue en urgence avant qu’un tribunal ne juge sur le fond. Nicolas Sarkozy ne s’embarrasse pas de tels principes. On est dictateur dans l’âme ou on ne l’est pas. Un ministre de l’Intérieur qui menace quelqu’un qui peut le gêner, et qui interdit la parution d’un livre… Ceaucescu revient, on t’a trouvé un successeur !
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Sinon, Libération nous apprend que Alain Genestar, craint pour sa place de directeur de la rédaction de Paris Match, après les propos de Arnaud Lagardère (le milliardaire ami de Sarkozy, et propriétaire, entre autre, de Paris Match). Genestar est dans le giron du Ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et de l’Aménagement du territoire depuis qu’il a publié, en couverture du numéro du 25 août, une photo de Cécilia Sarkozy en compagnie de Richard Attias, son nouveau mec. Lagardère a affirmé à Nicolas Sarkozy qu’il n’était pas au courant de cette publication, et a donc tout rejeté sur le dos de son directeur de la rédaction. Au passage, Richard Attias était le publicitaire en charge de l’organisation du congrès de l’UMP qui a officiellement intronisé Nicolas Sarkozy… Le monde est petit, n’est-il pas ? Enfin, pour le moment, Genestar ne commente pas.
Si Genestar saute, ce sera le symbole d’un nouveau pouvoir en France, le pouvoir de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca, bien décidé à utiliser tous les moyens pour parvenir au sommet et oublier son enfance.