Explication de texte : Ce nest pas tout dêtre mon père (Georges Brassens)
Aujourd’hui, explication de texte de Georges Brassens (le texte, pas l’explication). Georges Brassens est un chanteur de l’ancien temps dont les mélodies étaient toujours composées de trois accords répétés à l’infini. La principale qualité de Georges Brassens est d’être très photogénique, puisque la photo sur laquelle il se trouve en compagnie de Jacques Brel et de Léo Ferré fait très classe sur les murs des appartements des bobos du seizième arrondissement de Paris.
Du fait qu'un couple de fieffés
Minables a pris le café
« Fieffés minables », c’est du vieux français pour dire ‘pauvres con’. Brassens ayant toujours été vieux avec des cheveux blancs, une grosse moustache et un pipe, il parle le vieux. Enfin, il parlait.
Du pauvre, on naît et nous voilà
Contraints d'estimer ces gens-là.
Parc' qu'un minus de cinq à sept
Chevauche une pauvre mazette
Un mazette était un « mauvais petit cheval ». Qu’un type encule un poney entre dix-sept et dix-neuf heures ne peut que nous laisser pantois, sauf lorsque l’on sait que le fruit de leurs amours illicites fut Georges Brassens.
Qui resta froide, sortit du
Néant un qui n'aurait pas dû.
C’est vrai. Il n’aurait pas dû. Quel philosophe ce Brassens !
{Refrain:}
Ce n'est pas tout d'être mon père,
Il faut aussi me plaire.
Êtr' mon fils ce n'est pas tout,
Il faut me plaire itou.
Je crois que le refrain est le plus beau passage de cette chanson. Lisez bien la suite, on dirait des jingle de pub qui passent sur France Bleue Poitou.
Trouver son père sympathique,
C'est pas automatique.
Et oui ! Trouver son père sympathique, c’est comme les antibiotiques : c’est pas automatique. Non mais quand on vous dit que Brassens était un vrai poète, faut pas douter ! Un poète au moins aussi grand que le créateur du slogan « éparcil, la fosse tranquille ».
Avoir un fils qui nous agrée,
Ce n'est pas assuré.
Et non !
Quand on s'avise de venir
Sur terre, il faut se prémunir
Contre la tentation facile
D'être un rejeton d'imbécile.
Les enfants de Florent Pagny auraient dû écouter cette chanson.
Ne pas mettre au monde un connard,
C'est malcommode et c'est un art
Comme le disait le père de Luc Alphand. (celui qui a déclaré, à la fin du Dakar : « Même s'il faut avoir
une pensée pour tout ce qui s'est passé [les deux enfants morts, NDM], ça ne va pas gâcher ce que je ressens, ce que j'ai accompli »).
Que ne pratique pas souvent
La majorité des vivants.
C’est vrai ! Tandis que les morts n’accouchent que de brillants enfants, beaux, riches, intelligents.
{Refrain}
L'enfant naturel, l'orphelin
Est malheureux et je le plains,
Mais, du moins, il n'est pas tenu
Au respect d'un père inconnu.
C’est vrai, mais on s’en fout.
Jésus, lui, fut plus avisé,
Et plutôt que de s'exposer
A prendre un crétin pour papa,
Il aima mieux n'en avoir pas.
Georges Brassens était un vieil anticlérical. Ainsi, s’il était contre les religions, il ne pouvait s’empêcher de les citer dans toutes ses chansons. Et si vous les lisez bien, vous verrez qu’on pourrait quasiment toutes les passer à l’église (surtout la tambouille « pour l’auvergnat »)
{Refrain}
C'est pas un compte personnel
Que je règle ; mon paternel,
Brave vieux, me plaisait beaucoup,
Etait tout à fait à mon goût.
On est ravi de le savoir, et c’est vrai que ça méritait bien une chanson quand même !
Quant à moi qui, malgré des tas
De galipettes de fada,
N'ai point engendré de petits,
J' n'ai pas pu faire d'abrutis.
Une chanson pour dire qu’on n’est pas obligé d’aimer ses parents, ni ses enfants, qu’il (Brassens) s’entend bien avec son père et qu’il n’a pas d’enfant, fallait quand même oser. Parce que moins intéressant après, y’a l’annuaire téléphonique. En chanson sur 3 accords mineurs, ça doit être classe… comme une chanson de Brassens.