Diplomatie de mes couilles
Aujourdhui, 96ème jour de détention pour Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Bon, 96 jours, on sen fout en fait.
Ben ouai. Dautres qui sen foutent, ce sont nos élites. Parce que niveau diplomatique, faut reconnaître quon nest pas au top. Même Berlusconi a réussi à faire libérer ses deux italiennes avant. Mais bon, après tout, pourquoi sen faire ? Une déclaration de temps en temps (pour dire quon sait rien, ce qui a lavantage de faire croire quon sen occupe) et une réunion par semaine.
Donc, côté gouvernants, on na un peu rien quand même.
Regardons du côté des citoyens maintenant. Parce que autant côté diplomatie on est un peu nul, autant côté peuple on est carrément ridicule.
Au début, je sais plus quels connards ont eu lidée dorganiser des manifs
des manifs !!! Faut vraiment être con quand même !!! Au bout du monde, ya une bande de malades (peut être sanguinaires) qui ont enlevés deux journalistes, et il sest trouvé un mec (suivi par dautres) pour dire : « eh les gars, ça fait un bail quon na pas fait de manif, on défile pour Chesnot et Malbrunot ? ». Alors ils sont repartis comme en 40, ils ont ressortis les banderolles qui avaient plus servis depuis Juppé en 95, ils ont effacé les slogans et en ont peint dautres à la place. Au lieu de « Juppé des sous », ils ont écrit : « Libérez nos sous » (oui, ils avaient plus assez de peinture blanche pour tout masquer, alors ils ont laissé, de toute façon, les slogans, cest comme le mode demploi des tampax, personne les lit surtout pas moi). Et donc ces braves cons ont défilé dans la rue, dans une manifestation qui leur a surtout fait plaisir à eux (parce que inutile de dire que Chesnot et Malbrunot, de savoir que des mecs défilent pour eux, ça leur en a touché une sans faire bouger lautre). Le mec qui défile, cest linstit ringard, avec un pull en laine vierge vert et une barbe qui a eu été fleurie dans les années 70, mais qui nest plus que poivre et sel, un vieux pantalon en velours dont les côtes se sont barrées dans la machine à laver, les sandales dans lesquels il a enfilé des chaussettes. Lui, du moment quon manifeste, il y va.
Bon, ceux qui ont défilé étaient déjà limités (oui, carrément con convient aussi, mais jai déjà utilisé con). Mais que dire de ceux qui font une pétition ? Cest lopposé socialement : cest la mémère catho BCBG, au Lyons Club, qui envoie aux petits noirs des vieux cahiers jaunis de son fils quand il était au collège (il est dentiste maintenant, cest dire si le collège ça date).
Elle, avec ses copines du Lyons, elle a eu une idée (la dernière idée aussi con, je pense que cétait la fourchette pour anorexique) : une pétition. Elle trimballe son cul serré dans un tailleur Chanel dans les réceptions (dont celles de lambassadeur, qui sont paraît-il très réputées) pour faire signer sa putain de pétition. Mais là, le doute massaille : quand une flopé de non-comprenants aura signé, sa pétition, elle en fera quoi ? Parce quil faut bien lenvoyer à quelquun non ? Cest le but dune pétition ça non ? Ben déjà quon narrive pas à savoir par qui et où nos deux journalistes peuvent bien être détenus, mais si on envoie une mémère comme émissaire, on est un peu mal barré non ?
Jai fait un rêve : si toute lénergie mise dans les conneries les plus grotesques était concentrée chez ceux qui ont les capacités de faire bouger les choses (diplomates, ministres des affaires étrangères
que sais-je encore, même Janny Le Pen, la femme de Jean-Marie, tant pis, elle est là, on pourrait sen servir non ?), il y a longtemps que deux journalistes français boiraient un coup ensemble au coin dune cheminée en se rappelant la mauvaise histoire qui leur est arrivé dans un coin sombre dIraq.