Le travail c'est la santé
« je ne veux pas travailler, je ne veux pas déjeuner » chantait je ne sais plus qui il ny a pas si longtemps que ça dans une publicité pour une voiture qui coûtait, à lépoque, environ 2628 heures de travail pour un smicard, soit 17 mois de travail (ça veut pas dire grand chose, mais jaime bien les statistiques).
Il y en a qui ne déjeunent pas, mais qui travaillent quand même. Cétait, dimanche, la journée contre le travail des enfants. Une publicité nous montrait des douches sales, puis des enfants qui se douchent à côté de casques de mineurs. Là, même les plus cons comprennent que les gosses travaillent dans une mine. Ensuite, un petit message nous dit quon peut donner à lOIT pour lutter contre le travail des enfants.
Une question : est-ce que ces enfants bossent par plaisir, parce quils ont envie ? Non. Ils bossent parce quils y sont obligés. Et un gosse qui commence à bosser dans une mine ne finira jamais par avoir un meilleur boulot, parce quil ne va pas à lécole. Tout au plus finira-t-il contremaître. Et où bossent les enfants ? Dans les pays les plus pauvres. Les pays souvent écrasés par une dette colossale, que même largent volé par les Chirac à la questure de la ville de Paris ne suffirait pas à rembourser. Cest dire. Et donc, on a dun côté des enfants qui bossent sans espoir davenir, juste pour survivre.
Dun autre côté, il y a quand même, dans ces pays, des gens qui sen sortent. Ils ont par exemple eu la chance de naître dans une famille riche, nont jamais été obligés de travailler quand ils étaient enfants et ont peut-être même eu la chance de faire des études. Et si ces études ne les ont pas mené, après une maîtrise de français, dans un centre dappel SFR, ils sont peut-être médecins, ingénieurs, architectes Bref, ils sont CSP +++ (catégorie socioprofessionnelle +++).
En France, avant, on navait pas de pétrole, mais on avait des idées. Maintenant, on na plus ni pétrole, ni idées. Et que nous proposent nos gouvernants ? Une immigration choisie. Mais pas en fonction de la nationalité, ce serait de a discrimination pas positive, mais en fonction du métier. Donc, lEtat va dire : on est en 2005, et en 2007 on aura besoin de 13.000 ingénieurs, on va donc faire venir 13.000 ingénieurs de létranger. Et doù viendra la majorité de ces ingénieurs ? De Suède, de Norvège, dAllemagne, des Etats-Unis ? Non, parce que ceux-là ont déjà une bonne situation dans leurs pays. Non, la majorité viendra de pays dans lesquels lespoir est aussi réduit que lespérance de vie dune bouteille dalcool un soir de solitude chez Christine Bravo.
On sapprête donc à piller joyeusement les pays les plus pauvres, on va faire venir leurs élites chez nous (parce quon en a besoin), et on va laisser là-bas les mineurs de fonds. Oui, parce que des mineurs de fond, maintenant que Pierre Bachelet est mort, on nen a plus besoin.
Comme disait Louis de Funès dans la folie des grandeurs (oui, jaime bien finir par une citation philosophique, jhésitais en Deleuze et de Funès) : « les riches cest fait pour être très riche, les pauvres très pauvres ». Et cest ainsi que le samedi, on peut voir une pub contre le travail des enfants, et le même jour, un type nous annoncer quon va choisir notre immigration, en fonction de ce dont on a besoin Comme au supermarché.
« Promotion sur les ingénieurs noirs, profitez-en, il ny en aura pas pour tout le monde » Et surtout plus pour les pays dorigine.
Matthieu