La solitude (première partie)
J’ai rencontré Lily, j’étais en pleine phase arrêt de la vodka. J’ai pas dit l’alcool, faut pas déconner, je carburais toujours au rouge et à la bière, mais j’avais décidé d’arrêter la Seagram. Comme ça quoi, parce que les gueules de bois à la vodka c’est atroce t’as pas idée. Une douleur à s’arracher les couilles.
Je créchais dans un motel merdique près de Saint Louis, avec un type qui parlait pas un mot d’anglais à l’accueil. En fait, il parlait pas un mot d’étranger non plus, ce type était muet comme la chatte d’une vieille fille. Mais d’un autre côté, il était pas chiant non plus, il gueulait pas quand ça m’arrivait de gerber dans l’escalier ni rien. Il se contentait de hocher la tête quand je lui filais le loyer. Bizarrement, depuis que je me trouvais dans cet hôtel, pas un seul problème de fric. Je me démerdais toujours pour trouver le blé nécessaire aux trois fonctions vitales de l’homme : avoir un toit, avoir à boire, et baiser. Pour le toit, l’hôtel était pas terrible mais il était potable. Pour la boisson, pareil. Et pour la baise, je baisais un peu qui je pouvais. Mais quand t’as à boire chez toi, t’arrives toujours à ramener une ou deux filles en manque. Souvent, elles sont pas terribles, mais elles ont un trou là où il faut et elles mettent du cœur à l’ouvrage quand elles sucent. Et moi, ça me suffisait.
Un matin, ça faisait pas une semaine que j’étais là, j’étais encore au pieu avec une Anny, une pauvre fille qui carburait au gros rouge, et qui m’avais dit alors qu’on était dans le lit :
- Tu sais, j’ai deux gosses dans le Mississipi, et ils sont pas si nuls que ça, ils font des études.
- Je m’en fout de tes chiards. tu veux que je t’encule ?
- Quoi ? qu’elle me répond
- TOURNE TOI !
Elle avait obtempéré, et la suite s’était très bien passée. Elle avait joui, j’avais joui (c’était pas le meilleur coup de ma vie mais elle se débrouillait pas si mal que ça Anny), bref, dieu pouvait bien exister après tout.
Donc, on dormait encore (moi je cuvais plutôt, l’autre je sais pas) quand une énorme Négresse est rentrée dans la chambre sans frapper.
J’ai gueulé :
- CA VA PAS ? J’AI PAYE MON LOYER MOI, VOUS POUVEZ PAS ENTRER COMME CA BORDEL !
Ca a pas déconcentré la mamma (plus je la regardais, plus je la trouvais grosse, c’était pas possible) qui m’a regardé et a dit :
- Aujourd’hui c’est jour de ménage alors tu bouges ton petit cul de blanc ! En plus mon mignon, t’as gerbé dans tous les endroits que le bon dieu peut bénir dans cet hôtel, alors tu vas pas me faire ton numéro de vierge effarouchée ok ? Alors t’es gentil, tu te tires avec la pétasse qui a plus de poils sur la chatte que y’a de saints au paradis et tu reviens quand j’ai terminé d’accord ?
Le coup de la pétasse qui a plus de poils sur la chatte que y’a de saints au paradis, ça a fait gueuler Anny, qui s’est mise à insulter la mamma nègre, à lui dire qu’elle voulait pas entendre un mot d’une grosse pas nette qui avait dû sucer Cléopâtre à voir son âge… La négresse a pris son balais, elle a cogné Anny qui a fini par dégager en gueulant avec sa robe sous le bras pour aller s’habiller je sais pas où.
C’est con, c’était un bon coup Anny, pas le meilleur de ma vie, mais une sacrée suceuse quand même…