Le degré zéro de la littérature
J’ai réussi à finir un livre sur lequel j’avais buté une première fois. Mais maintenant, c’est fait, j’ai réussi, je l’ai fini ! Et franchement, qu’est-ce que je me suis fait chier quand même.
Ce livre, c’est « moins que zéro » de Bret Easton Ellis (l’auteur de American psycho).
A mon avis, il l’a écrit juste après avoir terminé Bonjour tristesse de Françoise Sagan. Le sujet général y est à peu près le même : l’ennui chez les riches. Mais chez Ellis, ce sont les riches des années 80. C'est-à-dire des riches pleins de coke, de belles bagnoles, de jolies filles mais alors qui s’emmerdent à cent sous de l’heure comme dirait ma grand-mère à qui, dieu merci, j’ai eu la bonne idée de ne pas offrir ce livre (elle avait déjà trouvé choquant et pornographique le superbe « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » de Anne Gavalda). Donc, notre narrateur qui se branle, qui prend sa coke, qui baise avec sa copine mais sans envie ni passion, qui regarde la télé, qui mange… Ben on s’en fout en fait. C’est l’impression qui domine une fois le livre refermé : on regarde ce truc qu’on vient de terminer, puis on lui dit qu’on s’en fout (oui, après avoir lu « moins que zéro », je me suis mis à parler aux livres, c’est dire si ça a été une épreuve).
Mais Bret Easton Ellis a aussi pompé un concept. Il a honteusement plagié Martin Handford, l’auteur de la série sur Charlie (Où est Charlie ? vous savez, ces livres où on cherche le dénommé Charlie sur une page qui contient approximativement 128 personnages, 49 animaux, 112 arbres et quelques voitures). En effet, le narrateur cherche le dénommé Julian sur environ 150 pages. Il cherche Julian dans tous les endroits possibles et imaginables pour finir par le retrouver dans un bar en train de jouer à space invader (vous savez, le jeu où les alien qui tombent du ciel sont composé de 5 carrés et où vous devez détruire ces extra terrestres en vous déplaçant latéralement uniquement. C’est dire si le Julian en question n’allait pas fort). Et donc, si Julian était introuvable, c’est qu’il suçait des bites à des hommes riches pour pouvoir se payer sa dope. Mais bon, ça aussi ça reste assez peu intéressant, dans la mesure où il ne fait rien à part se faire chercher et pomper.
Quand même, s’il devait y avoir une raison de lire ce bouquin (à part le fait qu’aimer Bret Easton Ellis ça fait classe dans certains milieux), ce serait la fin. Rien d’extraordinaire, mais les 15-20 dernières pages sont écrites avec les tripes. Autant on se fout du reste, autant ces dernières pages sur la fin d’une époque sont terriblement bien écrites.
Donc, plutôt que d’acheter ce livre, je vous conseille d’aller à la FNAC, de trouver le bouquin, de déchirer les 20 dernières pages et de les lire tranquillement chez vous, à tête reposée.