500 choristes ensembles
Vendredi matin, les médecins israéliens plaçaient Ariel Sharon dans le coma afin qu’il n’y ait plus de pression sanguine dans son cerveau. Hier soir, on a pu voir des gens qui n’avaient plus aucune pression sanguine dans le cerveau depuis des années, puisqu’il y avait, sur TF1, les 500 choristes ensemble présentés par Flavie Flament (celle dont le programme télé disait qu’elle était « plus rayonnante que jamais ». Ca pour être rayonnante, elle est rayonnante la pauvre fille. Elle irradie même. Mais pas l’intelligence) et dirigés par Jack Locks, qu’on n’a quasiment pas vu hier soir. Il était probablement à la recherche de son Temesta.
Bon alors je vous rappelle le principe des 500 choristes ensemble : 500 amateurs issus de l’est de la France sont réunis dans des studios d’enregistrement pour enregistrer une espèce de fond sonore à des chansons de merde. Un soir choisi par TF1, ces choristes sont rassemblés (les moches derrières pour pas qu’on les voit) sur un plateau télé, et ils chantent en playback sous l’œil méprisant de stars mondiales de la chanson, telles que Daniel Guichard, Patrick Fiory, Nicole Croisille ou Isabelle Boulay (à propos de Boulet, y’avait aussi Chimène Badi qui doit maintenant faire du 58 de tour de taille. C’est bien simple, à côté, Maïté ressemble à une kenyane sous-alimenté dans un camp de réfugiés de la croix rouge). Un disque dont les profits sont intégralement reversés à Columbia, aux stars de la chanson et à Jacky Locks qui a fait les arrangement (en fait, il fait faire « oh oh oh » aux choristes sur la note fondamentale de l’accord, et les gens qui ont le puzzle du petit dernier accroché au mur et trois pneus peints en blancs et empilés dans le jardin pour faire un beau massif à géranium trouvent ça très joli).
Mais pour en revenir à hier soir, je peux vous assurer qu’on n’aurait pas pu mieux commencer l’année :
- Liane Foly est venue aider les téléspectateurs à régler les couleurs de leur télé, puisqu’elle portait une hallucinante robe à paillette rouge rayée de rose, pendant que nos braves choristes tenaient un miroir qu’ils agitaient pour éblouir les téléspectateurs. Toutes ces couleurs criardes et ces lumières éblouissantes ont déclenché approximativement 1847 crise d’épilepsie pendant la diffusion.
- Francis Cabrel, à qui Flavie Flament demandait pourquoi il n’avait pas chanté dans une chorale lorsqu’il était enfant a répondu : « Je n’aime… J’étais trop timide pour ça ». Il s’est repris juste avant de dire qu’une chorale c’était une idée à la con et qu’il n’était là que pour vendre son disque.
- Il y a une choriste en fauteuil roulant. Son boulot ? Caution morale de TF1, et représentante des minorités invisibles. Et ils ont raison à TF1, une handicapée, ça passe quand même mieux qu’un nègre. Parmi les chanteurs, il doit certainement y avoir des pédés (c’est statistiques), mais les enculés, ce sont ceux qui produisent.
- Alain Souchon a chanté « la vie ne vaut rien » (comme quoi, la vie, c’est un peu comme un chanteur décati qui ressasse les même rengaines depuis 30 ans). Je me suis demandé pourquoi le chat miaulait à la mort. En fait, le chat était dehors, les miaulements atroces étaient l’œuvre des choristes.
- A un moment, j’ai cru que TF1 avait interrompu ses programmes pour diffuser un exhumation de Néfertiti. Pas du tout, c’était Nicole Croisille qui est venu hurler qu’elle s’était enfin sentie femme avec toi. Nicole Croisille, elle ressemble à Jeanne Moreau, mais en plus vieille. C’est dire.
- Kamaro est venu soigner son asthme, et a chanté « femme like you ». A cette occasion, les choristes avaient revêtu un bandana sur leur tête. Oui, à la production, y’a un type qui a dit : « bon, ben on a un arabe qui vient, alors on va lui faire plaisir, foutez vous un foulard sur la tête ». Voir ce type chanter devant des gens déguisés en jeunes des années 70-80, vous savez quoi ? C’était pathétique.
- Lorsque Nolwenn est venue chanter « puisque tu pars », les 500 choristes ensemble ont agité un bras pour faire au revoir. Parce qu’ils devaient sans doute trouver que le texte de Goldmann n’était pas assez évocateur, et qu’il fallait donc l’expliquer aux téléspectateurs. En même temps, on était sur TF1…