Bernard Werber, la révolution du médiocre
Ses livres sur les fourmis parlent
de lhumanité. Cest lui qui le dit (source : son site internet) : Mon propos était de parler de l'humanité et non des insectes. Donc j'utilise la même vitrine pour tenir un discours totalement différent. Dans le "Jour des fourmis" j'appuie à fond sur l'aspect polar et réflexion philosophique.
Nous y voilà Werber fait de la philosophie avec la même grâce quun hippopotame dansant le lac des cygnes («Tout est relatif. Donc même la relativité est relative. Donc il existe quelque chose qui n'est pas relatif. Si ce quelque chose n'est pas relatif, par définition il est absolu. Donc... il existe un absolu. » Une de mes profs disait « une voiture bon marché est rare. Or, ce qui est rare est cher. Donc, une voiture bon marché est chère » pour expliquer combien les syllogismes peuvent être cons). En fait de philosophie, Werber accumule les croyances (toutes les croyances) et enfile les idées reçues comme dautres les perles (dans La révolution des fourmis, le personnage gay sappelle Narcisse, et il est à la pointe de la mode). Mais Werber est aussi un marrant (encore son site) : en septembre 2001, un boeing s'écrase sur un building comme au début de l'empire des anges publié en Avril 2000. J'en ai marre d'être copié. Non, je blague. Effectivement, cest très drôle.
Dans la présentation de ses livres, il est dit que Werber écrit depuis lâge de 14 ans dans des fanzines. Et bien, il na pas changé de style. Par exemple, dans « la révolution des fourmis », il assène des connaissances (comme dans tous ses autres livres dailleurs), en faisant un copié/collé à partir du dictionnaire ; par exemple, un adolescent parle : « tu es vêtue aux couleurs des ailes du papillon Ulysse, de son nom latin papilio Ulysses. Du peu que jen sais, cet animal vit dans les forêts de nouvelle Guinée, dans le nord du Queensland et aux îles Salomon. Lorsquil vole, il lance des éclairs bleus à travers les forêts tropicales ».
Le style est léger comme un cassoulet à la graisse doie.
Mais Werber se prend très au sérieux. Ses livres sont parsemés dextraits de ce quil appelle « encyclopédie du savoir relatif et absolu ». Il sagit en fait de tout et nimporte quoi (de la recette du pain ou des îles flottantes à des conneries absolues du style : « durant les guerres, peu de généraux osent soumettre aux caprices du hasard le choix de la prochaine manuvre. Ils pensent que leur intelligence suffit. Pourtant, les dés sont assurément le meilleur moyen dinquiéter ladversaire qui se sentira dépassé par un mécanisme de réflexion dont il ne saisit pas les arcanes ».)
La révolution des fourmis parle dune tentative de révolution menée par des lycéens, qui réussissent à laident dun PC à se faire connaître du monde entier en quelques heures, à monter des sociétés qui leurs rapportent beaucoup dargent. Mais ces lycéens sont non violents et nian-nian au possible (en même temps, le livre est écrit par Werber). Parallèlement, des fourmis se battent pour savoir si les humains sont des dieux. Bon, raconté comme ça, cest pas passionnant, mais rassurez-vous, à lire non plus.
Sinon, Werber a aussi écrit les thanatonotes (des voyageurs au pays de la mort) : Pour cela, Werber sest inspiré de tous les livres religieux (livre des morts, bible, thalmud, coran
), il a tout mélangé et en a tiré une énorme bouillie sur laquelle se sont jetés des pauvres âmes en mal de réflexion. Mais Werber ne cesse de dire que ceux qui ne pensent pas comme lui sont des obscurantistes, des gens refusant la connaissance. Cest un peu comme si Knorr nous disait que les gens qui refusent dacheter ses soupes en sachet sont des gens qui refusent de lutter contre la malbouffe, des gens qui ne veulent pas de la gastronomie !!!
En fait, Werber est à la littérature ce que Pascal Obispo est à la musique : un palliatif pour non-comprenant.