Souvenir d'un homme à tout faire dans une station service
Après les pompes funèbres, jai travaillé dans une station service sur lA7 (ESSO). Pas longtemps, jai démissionné rapidement. Faut dire que le patron était légèrement complètement malade. Je faisais les week-end, et je moccupais de servir les cafés (oui, yavais une machine à café), les autres boissons, de faire les sandwichs, lapprovisionnement en marchandises diverses (liquide de refroidissement, sandwich sous vide ) et de nettoyer par terre.
Comme je vous le disais, je faisais les sandwichs frais (avec mes petites mains), et je faisais réchauffer les trucs chaud dans un four qui marchait comme il pouvait. Cétait bien sûr la fin du mois de juin, et, bien sûr, la climatisation était en panne. Bref
Quand javais le temps, jallais nettoyer les toilettes à grandes eaux. Oui, ça, jen suis fier, je suis sûr que javais les toilettes les plus propres de toutes les stations services qui se trouvent sur des aires de repos dans toute la région. Bon, heureusement que je lavais à leau de javel, parce que comme le patron voulait pas trop que je perde de temps à me laver les mains, quand il fallait passer des toilettes aux sandwichs, au moins, javais les mains javellisées.
A ce sujet, je voudrais vous parler du car de portugaises. La fille qui était avec moi, Christelle, mavait dit que les portugaises étaient particulièrement sales lorsquelles allaient aux toilettes. Je pensais que cétait un cliché raciste, et ben pas du tout. Des toilettes après 50 portugaises glapissantes, cest
à voir. Javais jamais vu ça. En plus, je sais pas quelle race de portugaises cétait, mais elles perdaient leurs poils ! Je suis sûr quon aurait pu faire une perruque à la Polnareff avec tous les poils que jai trouvé ce jour là. Donc, jy suis allé avec double dose de javel, avant de vite revenir préparer 4 sandwichs au saucisson pour une famille qui passait par là.
Comme pas mal de gens demandaient des verres deau sans rien consommer dautre, le patron a eu lidée de les faire payer. 50 centimes. Quil fallait que jexige absolument. Un jour, des gens ont râlé, je les ai renvoyé vers le patron, qui est venu me voir accompagné de ces personnes, en me disant que je navais rien compris, et que cétait pas du tout ce quil mavait dit.
Un jour, il a eu lidée de me doter dune caisse toute électronique et toute géniale, parce que la petite boîte en fer nétait pas pratique. Sauf quil avait oublié de me donner le mode demploi, et quun pauvre type sest retrouvé avec un pack de bière à 1813 francs.
Le patron avait un fils, qui avait une copine, qui travaillait dans la station service. Une pauvre conne qui se prenait pour ce quelle nétait pas. Un jour, elle est arrivée complètement bourrée, et elle sest mise à jeter les clients (cétait le lendemain du jour au cours duquel elle mavait annoncé : « jai du retard », et elle ne parlait pas de lheure). Ce jour là, je suis parti pile à lheure parce que je voulais pas que cette histoire me retombe dessus. Cest là que le patron ma appelé chez moi, pour me demander pourquoi jétais parti. Comme la semaine davant, il mavait reproché dêtre resté une heure de plus (sur mon temps, jétais pas payé pour cette heure, cétait juste pour aider Christelle), je lui ai dit que je démissionnais.
Comme le lendemain je savais que je devais attaquer ailleurs, je suis parti sans regret.