Souvenir d'un OS dans une usine de jus de fruits

Publié le par Matthieu C.

C’est dans une usine de production de Ice Tea que j’ai commencé ma glorieuse carrière d’intérimaire. C’est là que je me suis rendu compte qu’être intérimaire, c’était être une merde qu’on pouvait virer et remplacer facilement par une autre merde, elle même susceptible d’être virée et remplacée etc…

Le Ice Tea arrive sous forme de poudre, dans des grands tonneaux. Dans l’usine, il est ajouté à de l’eau et à du sucre, puis conditionné. J’ai commencé par le truc le plus chiant que j’ai eu à faire : regarder passer les bouteilles sur la chaîne et enlever celles qui avaient un défaut (pas de bouchon, bouteille pas assez remplie…) Comme ces bouteilles étaient rares, ben je me suis un peu fait chier quand même. Je suis passé ensuite au conditionnement (mettre les packs sur des palettes)… Bizarrement, je me suis beaucoup moins ennuyé, mais je n’avais plus de dos à la fin de la journée.

Bien sûr, on pouvait boire autant de Ice Tea qu’on voulait. Bien sûr… Il faut préciser que les palettes pleines de bouteilles doivent rester 3 semaines dans l’entrepôt, le temps que… Je sais plus quoi. Bon, tout ça pour dire que si on buvait trop de Ice Tea, on était pris de maux de ventre insoutenables. Et quand je dis insoutenables, je suis loin de la réalité.

C’est là que j’ai rencontré Dominique (qui m’a dit, après qu’on ait parlé de la pluie et du beau temps « de toutes façons, moi les ratons, je peux pas les voir »), Michèle (elle était sympa Michèle, elle venait bosser avec sa fille Dorothée et sa sœur, dont je n’ai jamais pu me rappeler le nom), et des tas de beaux mecs (oui, parce que la première fois que j’y ai été, c’était l’été évidemment, et y’avait quand même pas mal de mecs mignons étudiants le reste de l’année).

 

Y’avait aussi un chef odieux, qui gueulait toujours comme un porc contre les intérimaires, et qui nous en a vraiment fait bavé. Je l’ai revu plus tard ce type, quelques années plus tard, quand je bossais aux pompes funèbres. Il allait être en retard au boulot, il roulait trop vite, il a été embrassé un platane. Vu la vitesse, il avait le visage écrasé, on aurait dit un porc. Il a été puni par là où il avait pêché.

 

Je me souviens aussi des nuits, au cours desquelles on ne mettait pas les chaussures de sécurité, celles-ci étant trop douloureuse. Ces nuits où une machine tombait en panne, et où il fallait appeler le contremaître. Pendant qu’il arrivait, on allait vite se planquer pour mettre les fameuses chaussures, sans quoi le contremaître nous aurait viré et aurait demandé à ce qu’on ne revienne plus jamais dans cette entreprise.

 

J’y ai travaillé avec plaisir en fait, parce qu’il y avait une bonne ambiance. Comme c’était en intérim, j’y ai bossé de façon intermittente pendant six mois environ. Ensuite, je suis revenu une fois, pour monter un chapiteau. Faudra que je vous raconte l’histoire du chapiteau tiens.

 

Matthieu

Publié dans Souvenirs d'un...

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F. 22/03/2005 16:50

je viens de découvrir ton blog et j'en ai les paupières qui font bravo!
hop!il va vite filer dans mes favoris je crois bien!
bonne continuation!

F. 22/03/2005 16:50

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julie70 21/03/2005 20:25

C'est marrant, je sais, mais moi, je n'ai eu pratiquement jamais autre chose dans ma longue vie de travail que des boulots temporaires. Un contrat d'un an ou trois ans aux maximum. Mais je profité pleinement. Et au milieu, même créé une société, je ne savais pas où je mettais les pieds. Mais au moins, je me suis donné de travail : 72 heures par semaine. Ultra intéressant, je faisais ce que je voulais, mais... personne ne me payait pas si je ne gagnais assez pour, ce qui est arrivé assez souvent.

L'important, d'après moi, ce n'est pas temporaire ou non, mais essayer de trouver quelque chose qu'on aime dans ce qu'on fait. Courage!

Quand j'étais au plus bas, revenant vers la France après trois ans aux Etats Unis, on me dit que je suis femme, trop vieille, pas d'origine d'ici. Bon. Je me suis débrouillé en changeant de métier, faisant quelque chose qui finalement me plut davantage.

Je te souhaite de faire comme moi : un bilan de ce que tu aime faire (boulot ou non) et quand ça tombe un jour par hasard ou non, tu le reconnaitra aussitôt : c'est ça que j'aime.

yaelz 21/03/2005 07:54

C'est marrant que meme quand on fait un boulot a chier, il suffit qu'il y ait une bonne ambiance pour y prendre plaisir.
Et vice versa. On peut avoir un boulot tres interessant, mais quand l'ambiance est a chier....

Verte. 20/03/2005 20:25

t'en as fait des sales jobs, hein...
moi aussi je repense aux boulots détestables (en intérim tout particulièrement!)que j'ai fait, j'aimerai bien les raconter...le jour où je pourrai me croire à l'abri d'y replonger!