Adieu la grosse

Publié le par Matthieu C.

Hier, une grosse est morte. Bon, c’est pas parce qu’elle était grosse qu’elle devait mourir, mais simplement… parce qu’elle devait mourir. Oui, ce début est minable, mais faut bien meubler un peu pour le suspens.

 

Donc, la grosse qui est morte c’est Françoise Verny, que personne ne connaissais, sauf les lecteurs de libé et ceux qui fréquentent les salons littéraires (et de par chez nous, les salons littéraires, ils savent même pas ce que c’est : ils croient que c’est quand Auchan est en travaux et qu’on met les canapés à côté des livres). Donc, cette femme, présentée comme la « papesse de l’édition » nous a quitté à l’âge de 77 ans. Je vous demanderai donc d’avoir une pensée émue pour tous les membres de l’entreprise de pompes funèbres qui va procéder à son enterrement, parce que y’en a un ou deux qui vont se briser l’épaule (je vous raconte pas comme c’est lourd un cercueil sur l’épaule, alors un cercueil avec une femme de 100 kilos dedans…)

 

La papesse de l’édition… Moi je trouve que y’en a qui abusent. Parce que d’après Libé, elle aurait découvert Sagan, (alors qu’elle n’avait que 8 ans de plus qu’elle est qu’elle est entré dans le milieu de l’édition 10 ans après la publication de « bonjour tristesse ») et surtout, des talents tels que Lucien Bodard (si quelqu’un connaît Lucien Bodard, je veux bien savoir ce qu’il a écrit) et surtout André Glucksman (oui, il a été un jour découvert… si ça avait été par moi, je l’aurais tout de suite recouvert), Bernard-Henri Lévy (d’un coup, la mort de cette femme ne me semble même pas une punition suffisante) et, à propos de suffisance, Alexandre Jardin.

 

Revenons sur le cas de Alexandre Jardin, odieux dans sa connerie (quand il écrit, il se relit, alors il est juste niais dans sa connerie), sur France Info. Avec énormément de délicatesse, il a parlé au moins 5 fois du poids ou de la corpulence de Françoise Verny (il a réussi à donner 2 fois son poids en 2 minutes d’interview), dit 4 fois qu’il avait 19 ans quand il l’a rencontré, et surtout, que ce serait « indécent » de pleurer cette femme, qui aimait tant boire, rire, manger… et qui pesait 100 kilos, car elle aurait voulu qu’on s’amuse lors de sa mort. C’est marrant, ça, c’est un truc qu’on entend souvent (mais je le connaissais, il aurait pas voulu qu’on soit triste), mais c’est toujours dit par des gens qui soient veulent réconforter des proches (mais ici, on ne se situe pas dans ce cadre), soit par des gens qui n’en ont rien à foutre, mais qui veulent se donner bonne conscience.

 

Sinon, cette femme était, depuis 1994, conseillère de la chaîne M6. Oui, sur M6, ils ont des conseillers qui viennent des maisons d’édition ! C’est un peu comme si chez Justin Bridou, ils prenaient le Rabin de la synagogue de Jérusalem pour avoir des conseils en salaisons.

 

Non, mais quand même, nous annoncer comme un truc triste que la femme qui a fait découvrir au grand public Bernard-Henri Lévy, André Glucksman et Alexandre Jardin soit morte, je trouve ça un peu… gros.

 

Matthieu

Publié dans la littérature

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pierre 28/03/2005 22:28

Tiens pas de commentaires ? C'est pourtant intéressant ce que tu dis ? Quand on dit qu'il faut coucher pour réussir, la Verny était bien la preuve qu'elle était prête à aider les petits jeunes qui démarraient...
Pour Lucien Bodard, tape son nom dans le glougle, comme dit un copain à moi . Je n'ai lu que "Monsieur le consul" . Il est né en chine, je crois, y a beaucoup vécu, avait un physique asiatique . Carrière journalistique, réputation d'homme à femmes...